⛱️ Juste La Fin Du Monde Antoine Analyse

Explicationslinéaires entièrement rédigées de 3 extraits de Juste la fin du monde de Lagarce. Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n'arrive pas à ravaler sa rancœur et dépasser ses frustrations. -Juste la fin du monde, mise en scène de F. Berreur, 2007 ECRITURE 1 - Question (4 points) : En prenant en compte les trois Une crise perso qui crée une crise familiale, ça te rappelle quelque chose ? C’est exactement ce que vit Louis dans la pièce de Jean-Luc Lagarce ! Pour y voir plus clair, voilà Juste la fin du monde résumé pour ton bac de français. C’est parti 🚀 Juste la fin du monde Lagarce Présentation Fiche d’identité 🔍 AuteurJean-Luc Lagarce Date1990 GenreThéâtre Structure2 parties, 1 prologue, 1 intermède et 1 épilogue Principales mises en scèneFrançois Berreur 2007, Michel Raskine 2008 L’œuvre et son auteur ⭐ Sa vie Jean-Luc Lagarce consacre très tôt sa vie au théâtre. Il ne tient pas en place ! Alors qu’il étudie au Conservatoire des arts dramatiques, il fonde avec des potes une compagnie de théâtre, “Le Théâtre de la Roulotte”. Pour créer ses propres pièces, il puise son inspiration chez les grands dramaturges qu’il met en scène. Retrouve par exemple Phèdre de Racine 1982La Cantatrice Chauve de Ionesco 1991Le Malade Imaginaire de Molière 1993L’Île des esclaves de Marivaux 1994 👉 Surprise, son répertoire est plein d’œuvres que t’étudies au bac. Coïncidence ? Pas sûr ! À lire aussi ⭐ Son œuvre De son vivant, il est uniquement reconnu comme metteur en scène. C’est seulement après sa mort en 1995 que la critique salue ses œuvres. C’est la moindre des choses quand on sait qu’il a écrit plusieurs dizaines d’œuvres théâtre, essais, roman et même scénario de ciné ! Aujourd’hui c’est encore l’auteur contemporain le plus joué. Son écriture est caractérisée par le mélange des genres Une écriture lyrique, très poétique, qui doit beaucoup au théâtre classique de Racine. Des personnages qui vivent ou veulent vivre des drames dignes des plus grandes tragédies antiques. On reconnaît par là le théâtre du début du XXe siècle comme celui de Jean Genet Les Bonnes, 1947Une écriture ironique et très directe qui dédramatise le rapport à la maladie, à l’attente ou à la mort. Un style tiré tout droit du théâtre de l’absurde, comme chez Beckett ou Ionesco. 👉 Sa touche perso ses pièces traitent de la difficulté à parler de soi et de son intimité. S’il en parle si bien, c’est qu’il est entièrement confronté à cette épreuve. Il apprend en 1988 qu’il est malade du sida et qu’il n’a plus beaucoup d’années à vivre. Il va bientôt devenir remarquable de ne pas avouer’ qu’on l’a. J’ai le sida, et je l’ai dit publiquement, ou plutôt je n’ai pas cherché à le cacher. Mais je n’ai rien avoué’. J-L Lagarce Entretien avec Lucien Attoun, 04/09/1995 En 1990, il part pendant trois mois à Berlin pour imaginer un double de lui-même, un malade devant annoncer à sa famille qu’il va bientôt mourir. C’est le sujet de Juste la fin du monde ! 💡 Le cycle du théâtre de l’intime Cette pièce ouvre un cycle de trois œuvres Juste la fin du monde 1990 J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne 1994 Le Pays lointain 1995 À lire aussi Personnages 👪 📌 Louis Écrivain de 34 ans, il rend visite à sa mif après 12 ans sans avoir donné de news pour annoncer qu’il est malade du sida et qu’il va bientôt mourir. Solitaire, il s’efface derrière les autres personnages tout en étant au centre de l’attention. C’est un peu le brun ténébreux de série mais qui a une vraie raison d’être torturé. 📌 Antoine C’est le p’tit reuf de Louis. Entre les deux frères, c’est la haine ! Il a 32 ans, une femme et deux enfants. Depuis petit, il est colérique et cherche toujours la baston. Pourtant, c’est lui qui est le plus proche du reste de la famille. Tu captes au fil de la pièce qu’il encaisse la souffrance causée par l’absence de son aîné. 📌 Catherine C’est la meuf d’Antoine. Elle est un peu cheloue elle parle beaucoup pour ne rien dire et augmente le malaise qui règne au sein de la famille. 📌 Suzanne Elle a 23 ans et connaît très peu son frère, parti quand elle avait 6 ans. Elle veut prendre sa liberté mais elle se sent obligée de combler le vide causé par Louis en restant chez leur daronne. 📌 La mère Veuve de 61 ans. Elle ne vit plus vraiment depuis la mort de son mari et le départ de Louis. On la connaît seulement par son rôle de mère de famille. Elle néglige Antoine et Suzanne, qu’elle fait toujours passer derrière les deux figures absentes. Juste la fin du monde résumé 📋 Prologue ⏳ 💡 Fais gaffe ! Louis parle tout seul sur les planches c’est un monologue. Les autres personnages sont présents mais inactifs ils ont la posture du chœur théâtral. Le spectateur ne sait pas s’il est face aux pensées inavouées du personnage ou s’il est mis dans une confidence faite à voix haute Louis est le narrateur de sa propre histoire. Le jeune homme explique qu’il est de retour dans la maison de sa mère où il a grandi avec son frère et sa sœur. Il parle oklm de sa mort imminente, comme s’il gérait complètement la situation. Il a tout prévu rester le dimanche, leur annoncer les dernières news au cours du repas de famille, puis reprendre son train le soir. Tu t’en doutes, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Partie 1 Les 11 scènes reconstituent le passé de la famille, troublé par l’absence du fils aîné. Comme ça fait 12 ans qu’il n’est pas venu, il débarque dans un endroit qu’il ne connaît pas et l’ambiance est hyper reloue. Certaines situations sont même un peu wtf. Alors qu’il doit annoncer sa mort, il se retrouve assis sur le canap’ à écouter Catherine lui parler de sa life ses gosses, sa routine de couple avec Antoine gênant. Quand on connaît Louis et sa fame d’écrivain, les autres persos semblent ultra boring. 💡 Une pièce-paysage Les scènes ne se suivent pas de façon logique. Entre chaque séquence, le narrateur commente ce qui vient de se passer. Il reprend sa place de main character et essaye de contrôler la suite de l’histoire. Tu le vois dans cette partie, qui compte 4 monologues Louis aux scènes 5 et 10 Suzanne scène 3 La Mère scène 8 Entre ces scènes banales, Louis prend cher en reproches ! S’il pensait qu’il pourrait revenir comme si rien ne s’était passé, c’est raté. Personne ne comprend rien ni pourquoi il est parti ni pourquoi il revient. Tout ça donne raison à son attitude de mec incompris, mal-aimé et seul contre tous. 👉 Suzanne aurait souhaité qu’il la prévienne de sa venue. 👉 Antoine ne comprend pas du tout pourquoi il est de retour. 👉 La Mère évoque la vie familiale avant la mort de son mari, comme si rien ne s’était passé depuis. Elle essaye d’expliquer le malaise qui règne entre les membres de la famille, mais galère à trouver ses mots. La situation finit par être super frustrante pour le spectateur qui connaît toutes les réponses aux questions des personnages. Au lieu de leur répondre, Louis s’adresse à nouveau au public pour justifier son retour I,5. Il avoue être parti d’ici pour fuir la maladie. Depuis, il pense que sa famille l’aime moins qu’avant. Il se croit aussi en over control de la mort I,10. Intermède Pendant 9 scènes, les membres de la famille ont un vrai problème pour communiquer ! La mère cherche ses trois enfants dans toute la maison. Dans la dernière scène, elle avoue avoir eu peur que son fils soit de nouveau parti sans le dire. Aux scènes 2 et 5, Suzanne et Catherine demandent des comptes à Antoine sur sa dispute avec Louis. La mif devient un cadre ultra oppressant où tout se sait et tout s’interprète sans que personne se comprenne. 🎧 Écoute vite le début de Juste la fin du monde analysé sur France Culture ! 🔥 Regarde comment faire une fiche de lecture parfaire Partie 2 Elle s’ouvre sur un retournement de situation Louis voit qu’il n’arrive pas à faire son aveu et décide de partir sans rien dire. Les personnages surréagissent le conflit familial éclate ! ⭐ Scène 1 Dans un monologue, le narrateur annonce son départ. Il constate qu’Antoine ne cherche pas à le retenir et y voit le signe qu’il ne l’aime pas. ⭐ Scène 2 Flash-Back sur le gros clash entre les 2 frères. D’un côté, Antoine propose à son frère de le raccompagner. De l’autre, Suzanne essaye de retarder le moment où il partira. Elle semble avoir l’intuition qu’il part pour toujours. Saoulé du comportement de Suzanne, Antoine lui parle trop mal. Sa femme lui dit d’arrêter d’être “brutal”. Il pète un câble sur tout le monde avant de se calmer d’un coup. À ce moment, il prend la place du personnage principal jusqu’à la fin de la pièce. Son impulsivité lui rappelle des souvenirs d’enfance, qu’il déballe. Il explique comment la position de victime adoptée par son aîné lui a fait prendre la place du persécuteur pendant leurs bagarres. ⭐ Scène 3 C’est le premier monologue d’Antoine. Il parle des raisons de sa haine envers Louis. À force que son reuf se plaigne de ne pas être aimé, il s’est mis à culpabiliser et à ne plus jamais se plaindre. Résultat ses darons l’ont complètement négligé. 💡 L’ironie dramatique Pendant cette partie, tu dois ressentir une énorme frustration. Antoine reproche à son frère de continuer à faire sa drama queen. Mais toi, tu sais qu’il souffre vraiment ! C’est l’ironie dramatique. En tant que spectateur, on est au courant de toute la life des persos. Le suspens n’est pas de savoir ce qui va se passer, mais quand ce que tu redoutes va arriver. À lire aussi Épilogue ⌛ Louis est mort et fait part de son seul regret. Spoiler ça n’a rien à voir avec ses relations familiales. Il raconte une balade nocturne à côté d’une voie ferrée. Il a voulu s’arrêter pour pousser un dernier “grand et beau cri” mais ne l’a pas fait. 🎧 La lecture et l’analyse de la fin de Juste la fin du monde sur France Culture ! Juste la fin du monde analyse 🧐 Si t’es amené à aborder en dissertation Juste la fin du monde ou que tu tombes dessus à l’oral du bac, lis cette explication. La crise sous toutes ses formes 💡 Le savais-tu ? Une “crise” c’est bien un moment de galère. Mais il y a de multiples façons de la vivre. Comment la repères-tu ? La réponse dans l’étymologie du mot ! Sa racine, l’indo-européen “krei” juger, passer au crible. En grec, “κριι” c’est la faculté ou la difficulté de se distinguer par son action. Il y a une idée de séparation par rapport à un état antérieur. En latin, la crisis c’est l’assaut de la nature, renvoyant à quelque chose de brutal et d’inattendu. On le retrouve aussi dans le terme cenere qui veut dire décider. Retrouves toutes ces formes dans la pièce de Jean-Luc Lagarce. ✅ Le jugement En revenant, Louis fait tout de suite face au jugement des autres membres de sa mif ! Dans le prénom “Louis” on entend d’ailleurs les mêmes sonorités que dans le pronom “lui” tous le pointent du doigt. 👉 Repère dans le texte les mots du jugement “procès”, “crimes” II,1, “m’accuser”, “m’accable”, “droit”, “juste”, “coupable”… Observe aussi la structure de la pièce. Suzanne commence I,3 et la tension monte ensuite jusqu’au jugement final donné par Antoine II,3 le conflit arrive à son paroxysme avant de se résoudre. Louis encaisse sans jamais rien dire, car il est conscient de sa culpabilité. Il est sacrifié par sa famille. 💡 La scène culte ! Le jugement de Suzanne I,3 “Lorsque que tu es parti -je ne me souviens pas de toi- je ne savais pas que tu partais pour tant de temps, je n’ai pas fait attention, je ne prenais pas garde, je me suis retrouvée sans rien. […] Ce n’est pas bien que tu sois parti, parti si longtemps, ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moi et ce n’est pas bienpour elle elle ne te le dira pas” ✅ La difficulté à parler Le théâtre repose sur une action à accomplir. Ici, Louis doit avouer sa mort. Juste la fin du monde mobilise le registre tragique. La crise n’est pas la conséquence de l’action mais le fait qu’elle ne s’accomplit jamais. 👉 À la fin, il repart sans avoir rien dit vers la fin de la journée, / sans avoir rien dit de ce qui me tenait à cœur / je repris la route. 💡 La scène culte ! Dès le prologue, le spectateur perçoit que l’action ne se passera pas comme elle est annoncée. “LOUIS. -Plus tard, l’année d’après […] comme on ose bouger parfois, à peine, devant un danger extrême, imperceptiblement, sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt. […] je décidai de retourner les voir, revenir sur mes pas, aller sur mes traces et faire le voyage, pour annoncer lentement, lentement, avec soin, avec soin et précision -ce que je crois-” Note bien 👆 Le champ lexical du “risque” il hésite à annoncer sa tirets ce qu’il croit » est différent de ce qui va se passer réellement. ✅ Le cri une parole inattendue L’assaut inattendu est incarné par le personnage d’Antoine. Il se révèle de façon “brutale”II,2. C’est sa parole qui surgit à la place de celle de Louis. Il résout le conflit présent au sein de la fratrie. La scène 3 de la partie 2 en donne enfin une explication au conflit. Le silence doit aussi être rompu par Antoine qui, depuis l’enfance, s’efface derrière son grand frère. Je devais faire moins de bruit, te laisser la place, ne pas te contrarier / et jouir du spectacle apaisant enfin de ta survie légèrement prolongée ✅ Le choix de Louis Pour que la crise soit résolue, le personnage qui doit accomplir l’action, Louis, doit en être le maître. Au cours de la pièce il reste pourtant passif et ne maîtrise pas ses propres paroles. Ça se voit dès le prologue où il ne trouve pas le mot juste pour définir son action. Les épanorthoses le fait de reprendre ses mots le montrent bien. Pour annoncer, / dire, / seulement dire, /ma mort prochaine et irrémédiable, / l’annoncer moi-même, en être l’unique messager À partir de la partie 2, c’est Antoine qui lance et accomplit l’action. Le choix de Louis est alors de se sacrifier. Son histoire, c’est finalement celle d’une non-action. De la crise personnelle à la crise familiale ⭐ La crise personnelle Louis a déjà traversé ses interrogations face à la mort. Son retour dans sa maison natale est la résolution de cette première crise. 💡 La scène culte ! Intermède, scène 10. Il revient dans sa maison dans une posture passive. Il sait qu’il s’apprête à vivre son jugement dernier, comme s’il se considérait déjà mort. “Ce “à quoi bon” me ramena à la maison, m’y renvoya, […] Je reviens et j’attends. Je me tiendrai tranquille maintenant, je promets, je ne ferai plus d’histoires, digne et silencieux, ces mots que l’on emploie. Je perds. J’ai perdu” C’est finalement le jugement de sa famille qui est l’action de la pièce. Face à eux, il ne peut plus parler ! Même le cri, c’est Antoine qui le donne à sa place. Dans l’épilogue, il explique que son regret est de ne pas avoir poussé de “grand et beau cri”. ⏯️ Mate la bande-annonce de Juste la fin du monde adapté par Xavier Dolan ⭐ La crise familiale La pièce ne se termine pas sur le regret de ne pas avoir annoncé sa mort. La crise familiale son jugement dernier est la condition de la résolution de sa crise personnelle son rapport à la mort. Tu es face à une métaphore biblique Le mythe de Caïn et Abel Dans la première partie de la pièce, on pense qu’Antoine est jaloux d’être délaissé face à son aîné. Ce serait Caïn dans le mythe biblique. Il tue Abel car Dieu a choisi son offrande et non la sienne. Tu me touches, je te tue. Le fils prodigue Un jeune homme qui quitte sa mif, revient demander pardon après une vie de débauche et suscite la jalousie de son frère, ça te parle ? Cette parabole pose la question du pardon. Le père explique “il fallait bien s’égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, parce qu’il était perdu et qu’il est retrouvé.” La figure du père est incarnée ici par celle de la mère. Elle ne reproche rien directement à son fils. Partie 3, scène 8, elle lui décrit le bonheur qu’ils pourraient vivre en étant réunis. Le retour de Louis fait surgir cette nouvelle possibilité. Avant qu’il revienne, il était comme mort pour elle. En imaginant ces instants de bonheur familial, elle le fait revivre. On comprend mieux que Louis n’ait pas la force de lui dire qu’il va réellement mourir ! 💡 La scène culte “ LA MÈRE -Ils voudraient tous deux que tu sois plus là, plus présent, plus souvent présent, qu’ils puissent te joindre, t’appeler, se quereller avec toi et se réconcilier […] Tu as quel âge ? Quel âge est-ce que tu as, aujourd’hui ? LOUIS. -Moi ? Tu demandes ? J’ai trente-quatre années. LA MÈRE. –Trente-quatre années. Pour moi aussi, cela fait trente-quatre années. Je ne me rends pas compte Ça fait beaucoup de temps ?” Voilà, t’as maintenant toutes les clefs pour parler comme un pro de la pièce ! À toi de jouer 🚀
Ducôté de son frère Antoine (Vincent Cassel), Mais Juste la fin du monde n’est pas seulement un film sur une famille dysfonctionnelle. Au cœur du récit, imaginé par Jean-Luc
Voici une fiche de lecture complète résumé et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. Je partage mes fiches pour l'oral … La force et la subtilité de cette écriture sont maintenant largement reconnues. L'intrigue tient en peu de lignes Louis décide de retourner voir sa famille qu'il a quittée bien des années plus tôt afin de lui annoncer sa mort prochaine. TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir à … Comme le fait remarquer Antoine, il est loin, même quand il est dans le salon. Fiche de révision. Cependant, la raison de sa visite n'est en aucun cas porteuse de bonnes nouvelles. Le besoin psychologique constitue une blessure ou un problème profondément et inconsciemment ancré dans un personnage, lui pourrissant la vie. Explique la question de la justice dans la famille. 16 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Montre plus. C'était un comédien, un metteur en scène, un directeur de troupe et un dramaturge français. Juste la fin du monde, partie 1 scène 1, conclusion. Dans la pièce Juste la fin du monde, la crise personnelle traversée par Louis, qui va mourir vers l'âge de 34 ans, déclenche la crise identitaire de sa fratrie chacun se laisse emporter par ses émotions et … - Justice = être équitable entre Fils prodigue et ceux qui n'ont pas déserté la maison parabole du nv testament qui traverse littérature occidentale - Auteur fait lui preuve d'équité. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". et ce ne pouvait être que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu à peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait être que de ma faute. Juste la fin du monde est entrée au répertoire de la Comédie- Française en 2008. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Louis est là sans l’être. Louis, le personnage principal de Juste la fin du monde n’est pas Phèdre, ni Oedipe, et pourtant, il joue au Héros tragique. Antoine, qui se taisait jusque-là “pour donner l’exemple”, passe ici de la colère à l’analyse, du plaidoyer au réquisitoire, et se révèle au spectateur. Pensez-vous qu’on puisse les réduire au seul cercle de la famille ? => Répartition parole. 1464 Followers. 829 Likes, 49 Comments. Le besoin psychologique constitue une blessure ou un problème profondément et inconsciemment ancré dans un personnage, lui pourrissant la vie. Plus proche d'Antoine, elle connaît bien Catherine, elle est même devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. Et nous, nous nous sommes fait du mal à notre tour, chacun n’avait rien à se reprocher. C’est un huis-clos familial qui met en scène cinq personnages d’une même famille. Et nous, nous nous sommes fait du mal à notre tour, chacun n’avait rien à se reprocher. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Juste la fin du monde est une œuvre rédigée par Jean Luc Lagarce en 1990 suite à la prise de conscience de son état de santé. 1080 mots 5 pages. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. ANTOINE. Au printemps 1990, il rédige Juste la fin du monde. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". ANTOINE. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Comme le fait remarquer Antoine, il est loin, même quand il est dans le salon. 11. Montre plus. de Jean-Luc Lagarce. Pensez-vous qu’on puisse les réduire au seul cercle de la famille ? En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. La … Jean Luc LAGARDE est à la fois un comédien , metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. De plus, ceux-ci permettent de nous interroger sur le thème du parcours associé crise individuelle, crise familiale ». Jean-Luc Lagarce est un dramaturge et metteur en scène de la fin du 20ème siècle dont l’écriture a été influencée par le théâtre de l’absurde et par le roman. Sa pièce Juste la fin du monde, écrite en 1990, témoigne de ces influences mais est aussi d’inspiration autobiographique. Juste la fin du monde est un récit de vie qui propose de percevoir le monde à travers la conscience inquiète d’un personnage. Watch popular content from the following creators Mélany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, Athéna Solathenasol . Antoine dit qu'elle veut avoir l'air » et qu'elle ressemble à un Épagneul ». LADN/EAF 21/SEQ. Télécharger l'analyse en PDF. Juste la fin du monde, acte ii scène 31. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Je partage mes fiches pour l'oral … C’est le 1er de ses textes à avoir été refusé par tous les comités de lecture et il ne sera jamais joué de son vivant. TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie II, scène 3. Il travaille en tant qu’ouvrier dans une usine. 11. Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen Theaterstück von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. Louis, le personnage principal de Juste la fin du monde n’est pas Phèdre, ni Oedipe, et pourtant, il joue au Héros tragique. c’est comme s’il ne m’était rien arrivé, jamais. Et nous, nous nous sommes fait du mal à notre tour, chacun n’avait rien à se reprocher. –Biographie de Jean-Luc Lagarce –Dissertation Juste la fin du monde et la CRISE-Analyse Juste la fin du monde Par certains aspects, il apparaît comme le miroir de Suzanne. On devait m’aimer trop puisque on ne t’aimait pas assez. Et c’est vrai, il ne m’est jamais rien arrivé et je ne peux prétendre. - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Juste la fin du monde est une œuvre rédigée par Jean Luc Lagarce en 1990 suite à la prise de conscience de son état de santé. La … Cet extrait, choisit par François Berreur, met en lumière l'implication du corps de l'acteur qui, même à travers une première approche du texte, est essentielle. Au bout de 12 … … Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Après sa mort, la pièce entre au répertoire de la Comédie-Française en 2008. Antoine dit qu'elle veut avoir l'air » et qu'elle ressemble à un Épagneul ». Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scène 4. La mère, mère de Louis, Antoine et Suzanne / Chantal Joblon, actrice Petite femme dynamique, c’est ma mère … C’est une scène qui renverse la situation où l’on attendait Louis, c’est le personnage d’Antoine qui est au centre de l’attention. c’est comme s’il ne m’était rien arrivé, jamais. Et c’est vrai, il ne m’est jamais rien arrivé et je ne peux prétendre. Le théâtre met souvent en scène des conflits d’origine familiale. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scène 4. Il s'agit d'une pièce de théâtre mettant en scène Louis, un jeune homme de 34 ans allant rendre visite à sa famille qu'il n'avait pas vue depuis longtemps. C’est le 1er de ses textes à avoir été refusé par tous les comités de lecture et il ne sera jamais joué de son vivant. Voici une lecture linéaire de l’épilogue de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, épilogue, introduction. Dans "Portrait Lagarce" on découvre A. Antoine dit qu'elle veut avoir l'air » et qu'elle ressemble à un Épagneul ». Analyse linéaire partie 1 scène 1, Juste la fin du monde de Lagarce 4 il LLO Partie 1, scème 1 scène 1 12 Intro Présentation Juste la fin du Monde Doing chorale kour les pensya, accueil de Louis par la Gumible direct dans, Praction - sutegurcelles pour presenten person leurs relations as atmosphere. Juste la fin du monde est un récit de vie qui propose de percevoir le monde à travers la conscience inquiète d’un personnage. => Répartition parole. Hé bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scène un héros tragique, Louis, qui représente bien les mécanismes traditionnels à la fois innocent et coupable, écrasé par son destin, il suscite la terreur et la pitié. => Répartition parole. Voir la fiche de lecture de Juste la fin du monde de Lagarce La scène 3 de la partie 2 est importante car elle est la dernière scène avant l’épilogue. Antoine, le frère de Louis, expose dans une longue tirade l’ambivalence de sa relation à Louis, entre le ressentiment et l’amour compassionnel. Louis est là sans l’être. TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les … Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas à ravaler sa rancœur et dépasser ses frustrations. En résumé, alors que Jean-Luc Lagarce apprend qu’il est atteint du sida en 1988, il se sent inopinément condamné. Hé bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scène un héros tragique, Louis, qui représente bien les mécanismes traditionnels à la fois innocent et coupable, écrasé par son destin, il suscite la terreur et la pitié. Au bout de 12 … et ce ne pouvait être que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu à peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait être que de ma faute. JUSTE LA FIN DU MONDE DISSERTATION. ⮚ Sujet de l’œuvre La pièce Juste la fin du monde est écrite par Lagarce à Berlin. Jean-Luc Lagarce est né en 1957 et est décédé en 1995. Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. Résumé-analyse de la pièceJuste la fin du mondede Jean-Luc Lagarce. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Jean-Luc Lagarce est à la fois comédien, metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. Fiche de lecture Juste la fin du Monde – Acte 1 Scène 11. Introduction Juste la fin du monde est une pièce de théâtre dramatique écrite par Jean-Luc Lagarce, un comédien, metteur en scène et dramaturge contemporain français, à la fin du XXème siècle. Suivre Français 1ère. Marcial Di Fonzo Bo lisant un extrait du texte final de Antoine dans "Juste la fin du monde". Au cours de la pièce on témoigne d’une crise personnelle et familiale entre, Louis son petit frère Antoine, sa sœur Suzanne et leur mère. - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. La présentation de la pièce Juste la fin du monde et problématisation de son analyse. Voici une fiche de lecture complète résumé et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. Je partage mes fiches pour l'oral du bac de Français Partie 2. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». L’épilogue est, dans la tragédie, le retour au calme. Antoine, qui se taisait jusque-là “pour donner l’exemple”, passe ici de la colère à l’analyse, du plaidoyer au réquisitoire, et se révèle au spectateur. Pensez-vous qu’on puisse les réduire au seul cercle de la famille ? Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. de Jean-Luc Lagarce. ⮚ Sujet de l’œuvre La pièce Juste la fin du monde est écrite par Lagarce à Berlin. Je partage mes fiches pour l'oral … La force et la subtilité de cette écriture sont maintenant largement reconnues. 829 Likes, 49 Comments. Mai 2016 im Rahmen der Internationalen Filmfestspiele von Cannes Premiere und wurde dort mit dem Großen Preis der Jury ausgezeichnet. Au printemps 1990, il rédige Juste la fin du monde. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. Antoine est le fils cadet de la famille et le petit frère de Louis. 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Le théâtre met souvent en scène des conflits d’origine familiale. Nous avons vu comment la partie 1 scène 1 de Juste la fin du monde, qui met en scène les retrouvailles entre Louis et sa famille, introduit des personnages aux relations tendues et au langage vide. Accueil; En savoir + Bios; Photos; Dates; Éduc; Partager cette page Facebook; Twitter; Mail Les personnages par Bruno Marchand. Analyse du scénario de l'oeuvre- Programme bac de français - Questionnement sur le parcours crise personnelle / crise familiale » Corpus de textes sur Lagarce Juste la fin du monde, épreuve d'EAF-1ère partie, scène 3 commentaire. TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. 1080 mots 5 pages. Résumé-analyse de la pièceJuste la fin du mondede Jean-Luc Lagarce. Recherche parmi 272 000+ dissertations. Il est marié à Catherine et père d’un enfant s’appelant Louis. 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – Séquence 3 Théâtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 Thème du parcours Crise personnelle, crise familiale ». Il apprend à ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamné, et rédigera deux ans plus tard en 1990 la pièce de théâtre Juste la fin du monde. Après sa mort, la pièce entre au répertoire de la Comédie-Française en 2008. En résumé, alors que Jean-Luc Lagarce apprend qu’il est atteint du sida en 1988, il se sent inopinément condamné. En 1990, il écrit juste la fin du monde. Rien ne te convient ? - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Er feierte am 19. Juste la fin du monde est entrée au répertoire de la Comédie- Française en 2008. c’est comme s’il ne m’était rien arrivé, jamais. Juste la fin du monde; Les personnages Juste la fin du monde + d'infos sur le texte de Jean-Luc Lagarce. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. Rien ne te convient ? Jean-Luc Lagarce est à la fois comédien, metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. Chloé Durand . Er feierte am 19. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Jean Luc LAGARDE est à la fois un comédien , metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. Fiche de révision. - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. 829 Likes, 49 Comments. 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. Juste la fin du monde analyse linéaire épilogue. 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – Séquence 3 Théâtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 Thème du parcours Crise personnelle, crise familiale ». 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Dans la troisième scène de la première de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce écrite en 1991, Suzanne se livre à un monologue face à son frère Louis. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posée par le parcours associé à savoir crise individuelle, crise familiale ». C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir à … TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les … Voici une lecture linéaire de l’épilogue de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, épilogue, introduction. Plus proche d'Antoine, elle connaît bien Catherine, elle est même devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. Chloé Durand . Elle qui est plus jeune que ses frères emploie un discours très spontané. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. La force et la subtilité de cette écriture sont maintenant largement reconnues. La mère, mère de Louis, Antoine et Suzanne / Chantal Joblon, actrice Petite femme dynamique, c’est ma mère … L’EXPLICATION. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. Il s'agit d'une pièce de théâtre mettant en scène Louis, un jeune homme de 34 ans allant rendre visite à sa famille qu'il n'avait pas vue depuis longtemps. Nous allons à travers cette analyse observer en quoi Antoine se manifeste comme le personnage le plus sincère de la pièce. Juste la fin du monde analyse linéaire épilogue. Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Er feierte am 19. Juste la fin du monde est l'une des dernières pièces de théâtre de Jean-Luc Lagarce, ... À la difficulté pour Louis de parler répond le refus d'Antoine d'écouter tu voudras me parler / et il faudra que j'écoute / et je n'ai pas envie d'écouter » partie 1, sc. En 1990, il écrit juste la fin du monde. Il est marié à Catherine et père d’un enfant s’appelant Louis. On devait m’aimer trop puisque on ne t’aimait pas assez. Ces retrouvailles donnent lieu à des échanges tendus, tour à tour superficiels et intimes, où l’annonce de Louis à sa famille est impossible. C'était un comédien, un metteur en scène, un directeur de troupe et un dramaturge français. C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir à … Juste la fin du Monde, Jean-Luc Lagarce Deuxième partie, scène 3, tirade d’Antoine De Et lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittés » à le ressentiment contre moi-même » Introduction Au début de la seconde partie, Louis, s’ad essant au … Juste la fin du monde est une pièce de théâtre qui évoque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va révéler les souffrances des autres membres de la famille. Juste la fin du monde est une pièce de théâtre qui évoque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va révéler les souffrances des autres membres de la famille. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. Juste la fin du monde est l'une des dernières pièces de théâtre de Jean-Luc Lagarce, ... À la difficulté pour Louis de parler répond le refus d'Antoine d'écouter tu voudras me parler / et il faudra que j'écoute / et je n'ai pas envie d'écouter » partie 1, sc. Chacun ne pense qu’à sa gueule. La pièce de Jean-Luc Lagarce propose des personnages particulièrement intéressants à analyser. Juste la fin du monde est entrée au répertoire de la Comédie- Française en 2008. Au printemps 1990, il rédige Juste la fin du monde. 829 Likes, 49 Comments. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Juste la fin du monde, c’est une épitaphe. Elle qui est plus jeune que ses frères emploie un discours très spontané. => Tjs tentation du soliloque. En 1990, il écrit Juste la fin du monde. 11. Mai 2016 im Rahmen der Internationalen Filmfestspiele von Cannes Premiere und wurde dort mit dem Großen Preis der Jury ausgezeichnet. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Juste la fin du monde est un récit de vie qui propose de percevoir le monde à travers la conscience inquiète d’un personnage. Juste la fin du monde, c’est une épitaphe. Explique la question de la justice dans la famille. Watch popular content from the following creators Mélany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, Athéna Solathenasol . 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – Séquence 3 Théâtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 Thème du parcours Crise personnelle, crise familiale ». Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. Apprendre avec plaisir grâce à nous. mise en scène Bruno Marchand . Je partage mes fiches pour l'oral du bac de Français Partie 2. Suivre Français 1ère. LADN/EAF 21/SEQ. MONOLOGUE SUZANNE JUSTE LA FIN DU MONDE. JUSTE LA FIN DU MONDE DISSERTATION. Voici une fiche de lecture complète résumé et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». - Justice = être équitable entre Fils prodigue et ceux qui n'ont pas déserté la maison parabole du nv testament qui traverse littérature occidentale - Auteur fait lui preuve d'équité. Cependant, la raison de sa visite n'est en aucun cas porteuse de bonnes nouvelles. Juste la fin du monde, acte ii scène 31. Hé bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scène un héros tragique, Louis, qui représente bien les mécanismes traditionnels à la fois innocent et coupable, écrasé par son destin, il suscite la terreur et la pitié. ⮚ Sujet de l’œuvre La pièce Juste la fin du monde est écrite par Lagarce à Berlin. Dans "Portrait Lagarce" on découvre A. Juste la fin du monde analyse des personnages. Le pronom "nous" évoque une souffrance commune mais le passage au pronom "je" au vers marque la solitude d'Antoine, qui a porté la responsabilité du départ le verbe "devoir" sous entend qu'il a été accusé par la mère et la premier sens de "responsable" que l'on comprend ici est "coupable" "je dus encore être le responsable" Dans cette phrase, on note … Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posée par le parcours associé à savoir crise individuelle, crise familiale ». => Tjs tentation du soliloque. Jean-Luc Lagarce est né en 1957 et est décédé en 1995. Il apprend à ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamné, et rédigera deux ans plus tard en 1990 la pièce de théâtre Juste la fin du monde. C’est le 1er de ses textes à avoir été refusé par tous les comités de lecture et il ne sera jamais joué de son vivant. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Nous allons à travers cette analyse observer en quoi Antoine se manifeste comme le personnage le plus sincère de la pièce. Mai 2016 im Rahmen der Internationalen Filmfestspiele von Cannes Premiere und wurde dort mit dem Großen Preis der Jury ausgezeichnet. Le théâtre met souvent en scène des conflits d’origine familiale. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. Dans la troisième scène de la première de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce écrite en 1991, Suzanne se livre à un monologue face à son frère Louis. Cela peut aussi être l'origine d'un renouveau. Juste la fin du Monde, Jean-Luc Lagarce Deuxième partie, scène 3, tirade d’Antoine De Et lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittés » à le ressentiment contre moi-même » Introduction Au début de la seconde partie, Louis, s’ad essant au … Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas à ravaler sa rancœur et dépasser ses frustrations. Montre plus. Fiche de lecture Juste la fin du Monde – Acte 1 Scène 11. Comment cette scène met-elle en élvidence la diffuscelto du retour de Louis dans … –Biographie de Jean-Luc Lagarce –Dissertation Juste la fin du monde et la CRISE-Analyse Juste la fin du monde Juste la fin du monde, partie 1 scène 1, conclusion. TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. Juste la fin du monde, acte ii scène 31. Jean Luc LAGARDE est à la fois un comédien , metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. Juste la fin du monde est une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce en 1990. Nous avons vu comment la partie 1 scène 1 de Juste la fin du monde, qui met en scène les retrouvailles entre Louis et sa famille, introduit des personnages aux relations tendues et au langage vide. Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. Au cours de la pièce on témoigne d’une crise personnelle et familiale entre, Louis son petit frère Antoine, sa sœur Suzanne et leur mère. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Cet extrait, choisit par François Berreur, met en lumière l'implication du corps de l'acteur qui, même à travers une première approche du texte, est essentielle. L’extrait sur lequel nous allons nous pencher est le monologue de la scène 1 de la deuxième partie qui forme comme un diptyque avec le prologue. Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen Theaterstück von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. Dès lors, dans ce prologue, Louis annonce aux spectateurs/lecteurs sa mort prochaine ainsi que sa volonté de revoir une famille qu’il a quittée il y a plus de 10 ans. Le travail de lecture. En 1990, il écrit Juste la fin du monde. Dans "Portrait Lagarce" on découvre A. Contrairement à Louis qui parle peu mais avec aisance, Antoine est maladroit et parfois même grossier. Watch popular content from the following creators Mélany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, Athéna Solathenasol . Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scène 4. Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen Theaterstück von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. => Tjs tentation du soliloque. Suzanne, bien sûr, est heureuse de retrouver son frère aîné. Explique la question de la justice dans la famille. Louis est là sans l’être. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Il travaille en tant qu’ouvrier dans une usine. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». C’est un huis-clos familial qui met en scène cinq personnages d’une même famille. Juste la fin du monde prologue conclusion. … Plus proche d'Antoine, elle connaît bien Catherine, elle est même devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Rien ne te convient ? Juste la fin du monde est une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce en 1990. La présentation de la pièce Juste la fin du monde et problématisation de son analyse. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Juste la fin du monde; Les personnages Juste la fin du monde + d'infos sur le texte de Jean-Luc Lagarce. Il apprend à ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamné, et rédigera deux ans plus tard en 1990 la pièce de théâtre Juste la fin du monde. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. fiche de revision. 15 mai 2021 Commentaire et dissertation Laisser un commentaire. et ce ne pouvait être que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu à peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait être que de ma faute. Je partage mes fiches pour l'oral du bac de Français Partie 2. Comment cette scène met-elle en élvidence la diffuscelto du retour de Louis dans … L’épilogue est, dans la tragédie, le retour au calme. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les … Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. Explore d'autres matières. Explore d'autres matières. 1464
Lintrigue de Juste la fin du monde repose sur l’annonce par Louis à sa famille de sa maladie qui va l’entraîner à une mort certaine. Louis, le personnage principal, retourne voir sa famille après
Juste la fin du monde est une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce à Berlin en 1990, dans le cadre d'une bourse Léonard de Vinci, alors qu'il se savait atteint du sida. Traduite et jouée en plusieurs langues[1],[2], cette pièce a été inscrite au programme des sessions 2008 à 2010 de l'épreuve théâtre du baccalauréat et de la session 2012 des agrégations de lettres modernes, de lettres classiques et de grammaire[3], puis aux programmes des classes de premières générales et technologiques du baccalauréat de français pour les session 2021 et 2022. Le réalisateur de cinéma Xavier Dolan a adapté la pièce dans un film franco-canadien du même nom sorti en 2016. Résumé Louis rend visite à sa famille pour la première fois depuis des années. Il retrouve sa mère, sa sœur Suzanne, son frère Antoine et sa belle-sœur Catherine. Il a l'intention de leur annoncer sa maladie et que sa mort prochaine est inéluctable, mais son arrivée fait resurgir souvenirs et tensions familiales. Chacun exprime divers reproches et Louis repart sans avoir pu faire l'annonce de sa mort. Personnages Louis, personnage principal 34 ans Suzanne, sœur cadette de Louis et d'Antoine 23 ans Antoine, frère cadet de Louis 32 ans Catherine, femme d'Antoine 32 ans La mère 61 ans Thèmes La pièce aborde la question de l'absence du fils et de son retour auprès de sa famille. Dans ses premières œuvres, Retour à la citadelle et Les Orphelins, avant d’apprendre sa séropositivité, Jean-Luc Lagarce s’était déjà intéressé au sujet du retour[4]. La pièce s'inspire non seulement de la parabole du Fils prodigue, mais aussi du mythe de Caïn et d’Abel. Antoine s’offusque du retour de son frère qu’il jalouse, il ne veut pas que Suzanne se réjouisse de sa visite. Selon Antoine, Louis ne mérite pas qu’on l’accueille avec joie ; il a failli à ses responsabilités et a mené une existence qu’Antoine n’a jamais connue. Les rapports entre la mère et Antoine sont difficiles, d’autant plus que Louis est le fils favori. La pièce est aussi liée à l’Odyssée homérique. Les deux histoires narrent la quête, l’odyssée d’un protagoniste – Louis est Ulysse – qui poursuit un but se faire reconnaître des siens dans le cas de Louis, retrouver sa patrie dans le cas d’Ulysse. La pièce est également dominée par les thèmes de la solitude, de la difficulté de communication entre les membres de la famille. Enfin face à la mort inéluctable, le personnage cherche à rassembler des éléments de sa vie et à donner de la cohésion à son existence. Le titre Le titre ressemble à l’expression ce n’est pas la fin du monde » pour dire ce n’est pas grave ». Ce titre est à double sens. L’adverbe juste » et l’ellipse atténuent de façon ironique la brutalité de l’action qu’introduit le titre. Il annonce que ce n’est rien de grave, c’est juste la fin du monde. Mais ce monde se réduit à celui de Louis, à sa vie menacée, et non à celui de l’humanité. Il y a une forme d’ironie dans ce titre car Louis est soumis à son destin, et ne peut pas de toute façon résister à sa ”fin du monde”. Mise en scène L'absence de didascalies octroie au lecteur une grande liberté d’interprétation. Les dialogues trahissent parfois une certaine méfiance à l’égard du langage, méfiance qu’on retrouve chez beaucoup de dramaturges du XXe siècle. Les dialogues sont construits par l'apposition de longs monologues, mettant ainsi l'accent sur l'importance du langage, de la communication et de la formulation de la pensée. Jean-Luc Lagarce s’abstient de décrire le décor de la scène, sauf pour dire que la maison d’enfance de Louis où vivent désormais Suzanne et la mère – c’est-à-dire le lieu de l’intrigue – se trouve à la campagne. Il y a là l’idée de la routine et d’un monde figé, mais aussi l'idée d'un isolement. Ceci permet également de mettre l'accent sur une opposition entre les espaces associés au personnage de Louis la grande ville, l'urbanité et l'espace d'Antoine petite maison de campagne. Structure de la pièce La pièce repose essentiellement sur des monologues, même si ceux-ci sont entrecoupés de scènes plus dialoguées. L'impossibilité de Louis à dire son message empêche l'action d'avancer et enferme les autres personnages dans un verbiage logorrhéique. Chacun parle, mais ne parvient pas réellement à communiquer avec la personne à laquelle il s'adresse. La parole sert de fuite, et paradoxalement l'on pourrait même dire que la parole empêche de formuler. Elle est le masque du malaise qui existe entre les personnages. La pièce est structurée temporellement de manière relativement précise dans la mesure où elle suit l'arrivée de Louis, puis son départ de la maison. La pièce est encadrée par un prologue et un épilogue pris en charge par Louis. Ces deux monologues ne sont pas directement adressés et tendent à rendre compte des motivations intérieures du personnage. Prologue Au moment où il s’adresse à son auditoire, Louis, qui a longtemps nié l'approche de sa mort, a accepté l'idée de l'au-delà. Il veut revoir ses proches pour leur annoncer la nouvelle. Il a toujours feint d’être son propre maître, alors qu’en réalité, il ne peut décider de rien face à la mort. Le retour de Louis chez ses proches est un retour sur lui-même. Le prologue ressemble au chœur du théâtre antique. Première partie Cette partie narre l’arrivée de Louis, l’accueil embarrassé des siens, les banalités d’usage, les premiers sous-entendus lors des retrouvailles, l’évocation du passé, les reproches de moins en moins voilés sur son absence, l’hostilité d’Antoine. Scène 1 Louis est isolé de sa famille, il n’embrasse personne. Quand Louis est présenté à Catherine, sa mère est choquée. C’est maintenant qu’elle s’aperçoit des conséquences que le départ inexplicable de Louis a engendrées Louis, tu ne connais pas Catherine ? » Catherine reproche à Louis d’avoir boycotté son mariage avec Antoine ; depuis, les occasions ne se sont pas trouvées ». Suzanne est un peu déçue que Louis ne l’ait pas prévenue de son arrivée, car elle aurait bien voulu aller le chercher. Elle pense que Louis a acheté une voiture, mais celui-ci est en réalité venu en taxi depuis la gare. Elle croit que si Louis est parti pour avoir une vie que ses proches n’ont pas eue, il a dû réussir. Antoine et Suzanne se querellent sans qu’on sache pourquoi, les rapports entre Antoine et Suzanne sont hostiles. Scène 2 Les enfants de Catherine sont chez leur grand-mère maternelle. S’ils avaient su que Louis viendrait, ils seraient peut-être venus. Catherine et Antoine auraient voulu que leurs enfants voient leur oncle un autre reproche sur l’absence de Louis. Catherine laisse entendre que les proches de Louis ignoraient s’ils allaient le revoir Nous vous avions, avons envoyé une photographie d’elle [...]. » Louis n’est pas tout à fait sûr du nombre de ses neveux et nièces, révélant ainsi sa très longue absence. Il prétend s’intéresser à sa famille. Catherine essaie de justifier le fait que son fils soit prénommé Louis. Antoine s’indigne, et Louis se sent mal. Antoine s’excuse sur un ton réprobateur, mais continue de proférer des injures. Antoine dit que vous n’en aurez pas [d’enfants]. » Catherine ne cesse de se heurter aux limites du langage logique, ce n’est pas un joli mot pour une chose à l’ordinaire heureuse et solennelle, le baptême des enfants, bon ». Elle cherche à trouver un sujet de discussion pour créer de la convivialité, et évoque dans son monologue par sous entendus la possible homosexualité de Louis, d’où son incapacité à avoir ou vouloir un enfant. Scène 3 Suzanne résume sa vie où rien ne s’est passé. Elle admoneste Louis Lorsque tu es parti / – je ne me souviens pas de toi – / je ne savais pas que tu partais pour tant de temps [...]. [...] Ce n’est pas bien que tu sois parti, [...]. » Pendant que Louis voyageait, Suzanne ignorait s’il était toujours en vie. Elle vacille sans cesse entre le passé et le présent. Louis est un écrivain probablement homosexuel, ce qui l’éloigne de sa famille je pensais que ton métier était d’écrire serait d’écrire ». Suzanne lui reproche d’avoir écrit à beaucoup de personnes sans jamais correspondre avec sa famille, de mépriser les siens, et de leur avoir envoyé des messages superficiels que n’importe qui pouvait lire. À un moment, elle a envie de pleurer, car elle trouve qu’elle a dilapidé sa vie Je voudrais partir mais ce n’est guère possible. » Scène 4 Antoine a hâte d’interrompre une conversation que Catherine et sa mère ont à peine entamée. Il veut atténuer sa fureur en agressant quiconque a l’air joyeux. Antoine s’indigne quand sa mère mentionne son enfance, qu’il a partagée avec Louis. Quand il lance une incorrection, sa mère est rancunière […] le même mauvais caractère, / borné, / enfant déjà, rien d’autre ! » Les relations entre Antoine et la mère sont tendues. La famille était fière de la voiture qu’elle possédait malgré son statut modeste. Le père était apparemment traditionaliste et provincial, il aimait les voitures – peut-être plus que sa femme. Son orgueil était néanmoins mal placé, il n’était pas aventurier, n’avait rien d’étonnant. Symboliquement, la mère raconte la vie de Louis dont la mort est imminente. La famille menait une vie harmonieuse que quelque chose – peut-être le départ de Louis – a interrompue. La mère aussi a des problèmes de communication ; elle hésite entre le présent de l’indicatif et celui du subjonctif Avant même que nous nous marions, mariions ? » Ses paroles rêveuses trahissent sa tendance à vivre dans le passé, époque où elle et son mari étaient ancrés à leurs coutumes. Puis il y eut un changement Après, ils eurent treize et quatorze ans, / Suzanne était petite, ils ne s’aimaient pas beaucoup, ils se chamaillaient toujours, ça mettait leur père en colère, ce furent les dernières fois et plus rien n’était pareil. » Elle accuse ses fils d’avoir tout gâché en devenant trop grands ». Le retour de Louis l’a évidemment poussée à ressasser ses souvenirs. Grosso modo, elle verbalise des réflexions très banales sur une famille plutôt banale. Scène 5 Cette scène est cruciale, car Louis y justifie son retour. Il craint que ses proches aient cessé de l’aimer. Il pense qu’ils ont renoncé à lui après avoir tant cherché à me garder auprès d’eux ». Louis croit qu’il se sent plus aimé quand les autres font mine de ne pas penser à lui. Il est venu les voir parce que cette absence d’amour fit toujours plus souffrir les autres que moi. » Mais sa famille a fini par l’abandonner elle ne l’aime pas comme un vivant, mais comme un mort. Louis se méfie du langage je ne sais pas si je pourrai bien la dire ». Il s'agit probablement d'un monologue dans lequel Louis, seul sur scène, s'exprime soit à lui-même, soit aux lecteurs/spectateurs. Scène 6 Les relations entre Antoine et Louis sont toujours tendues Il veut toujours que je ne m’intéresse pas, / il a dû vous prévenir contre moi. » Selon Catherine, Antoine est furieux parce qu’il trouve que Louis ne s’intéresse pas à lui. La situation d’Antoine n’est pas mauvaise » il travaille dans une petite usine d’outillage », mais Catherine ignore les détails. D’après elle, la supposition d’Antoine que Louis ne s’intéresse pas à lui n’est peut-être pas tout à fait fausse. Elle refuse cependant que Louis lui parle des choses importantes, qu’il “est préférable que vous ne me disez rien”. D’après elle, “je ne compte pas”, et il ne faut pas que Louis passe par elle pour atteindre Antoine”. Scène 7 Louis et Suzanne ont une brève conversation. Suzanne donne son avis sur cette fille-là », et Louis s’indigne. Scène 8 La mère tient un long monologue. Elle dit à Louis Ils veulent te parler, / ils ont su que tu revenais et ils ont pensé qu’ils pourraient te parler, / un certain nombre de choses à te dire depuis longtemps et la possibilité enfin. » Elle révèle qu’ [i]ls voudront t’expliquer mais ils t’expliqueront mal, / car ils ne te connaissent pas, ou mal. » D’après elle, ils craignent que Louis ne leur donne pas le temps nécessaire pour lui expliquer tout ce qu’ils voudraient. Elle essaie de prévoir la réaction de Louis tu répondras à peine deux ou trois mots, / ou tu souriras, la même chose [...]. […] et ce sourire aura aggravé les choses entre vous, / ce sera comme la trace du mépris, la pire des plaies. » D’après la mère, Suzanne sera triste », tandis qu’Antoine sera plus dur encore ». Elle sait que Suzanne veut changer de vie, et qu’Antoine voudrait pouvoir vivre autrement avec sa femme et ses enfants / et ne plus rien devoir [...]. » La mère voit juste […] la journée se terminera ainsi comme elle a commencé, / sans nécessité, sans importance. » Elle dit à Louis que les autres voudraient qu’il les encourage, qu’il encourage Suzanne à lui rendre visite de temps en temps et qu’il donne à Antoine le sentiment qu’il n’est plus responsable de nous ». Antoine aurait toujours cru être responsable de tous, ce qui est faux. Elle veut que Louis lui donne l’illusion qu’il pourrait à son tour, à son heure, m’abandonner ». À la fin, la mère demande que Louis lui révèle son âge. Scène 9 Suzanne demande si Louis et Catherine vont continuer à se vouvoyer. Antoine rétorque qu’ils font comme ils veulent, et Suzanne s’indigne. Leur dispute explose sur une trivialité, mais celle ci est due à l’intériorité continue des émotions de ces deux personnages qui ne parviennent pas à exprimer leurs pensées, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Louis ne semble pas remarquer leurs invectives ; il répond à Catherine qu’il aimerait bien un peu de café. Suzanne et Antoine se fâchent davantage et finissent par s’en aller, suivis de Louis et de la mère. Scène 10 Louis essaie de se rassurer. Il espère que sa mort fera disparaître le monde et que les autres le rejoindront pour lui tenir compagnie. Il fait de son mieux pour résister à la mort Je suis un meurtrier et les meurtriers ne meurent pas, / il faudra m’abattre. » Il croit pouvoir décider de tout, la mort incluse. Celle-ci l’a obsédé durant ses périples jusqu’à ce qu’un certain à quoi bon » l’encourage à terminer ses dérisoires et vaines escapades ». Scène 11 La conversation entre Louis et Antoine est ponctuée de mercuriales. Quand Louis essaie de justifier son arrivée, Antoine répond Pourquoi est-ce que tu me racontes ça ? » Louis a trouvé son voyage assez banal. Antoine pense que Louis regrette son voyage et qu’il ignore les raisons de son propre retour. Il l’accuse de ne jamais l’avoir réellement connu. Les raisons du retour de Louis ne l’intéressent pas. Que Louis soit présent ou pas, aux yeux d’Antoine, cela ne fait aucune différence. Antoine s’en va, il ne veut plus écouter Louis Les gens qui ne disent jamais rien, on croit juste qu’ils veulent entendre, / mais souvent, tu ne sais pas, / je me taisais pour donner l’exemple. » Intermède Scène 1 Louis se lamente C’est comme la nuit en pleine journée, on ne voit rien, j’entends juste les bruits, j’écoute, je suis perdu et je ne retrouve personne. » Sa mère ne comprend pas. Scène 2 Suzanne dit à Antoine qu’elle a entendu la dispute entre lui et Louis. Antoine répond qu’ils se sont énervés et qu’il ne s’était pas attendu à de telles manières de la part de Louis. Scène 3 Louis a fait un rêve les pièces dans la maison de sa mère étaient tellement éloignées les unes des autres qu’il marchait pendant des heures sans jamais les atteindre, sans rien reconnaître. Scène 4 Suzanne demande pourquoi Louis ne les a pas visités plus souvent et rien de bien tragique non plus, / pas de drames, des trahisons, / cela que je ne comprends pas, / ou ne peux pas comprendre. » Antoine trouve son frère désirable et lointain, distant, rien qui se prête mieux à la situation. Parti et n’ayant jamais éprouvé le besoin ou la simple nécessité. » Scène 5 Catherine aussi a entendu la dispute entre Louis et Antoine, et c’est maintenant comme si tout le monde était parti / et que nous soyons perdus. » Scène 6 Antoine rassure sa sœur d’après lui, elle n’a jamais été malheureuse, c’était plutôt Louis le malheureux. Il prétend que Suzanne ressemble à Louis et qu’elle voulait être malheureuse parce qu’il était loin, / mais ce n’est pas la raison, ce n’est pas une bonne raison, / tu ne peux le rendre responsable, / pas une raison du tout, / c’est juste un arrangement. » Scène 7 La mère dit à Catherine qu’elle les a cherchés. Quand elle appelle Louis, c’est Suzanne qui répond. Scène 8 Suzanne s’indigne parce que soit Antoine, soit Louis – nous ignorons à qui elle s’adresse – ne répond jamais à ses appels. Elle révèle que la famille a essayé plusieurs fois de contacter Louis. Antoine essaie de rassurer sa sœur en affirmant qu’il n’a jamais été loin ou introuvable. Mais Suzanne s’indigne elle prétend connaître les petits arrangements » d’Antoine. Scène 9 La mère demande à Louis s’il l’a vraiment entendue Je ne sais pas. / Ce n’est rien, je croyais que tu étais parti. » Elle craint que Louis ne soit déjà reparti. Deuxième partie Scène 1 Dans un soliloque, Louis dévoile qu’il a décidé de prendre congé de sa famille sans révéler son secret. Il promet qu’il n’y aura plus tout ce temps / avant que je revienne, / je dis des mensonges [...] ». Il passera peut-être quelques coups de fil, donnera de ses nouvelles, mais c’était juste la dernière fois, / ce que je me dis sans le laisser voir ». Antoine […] dit plusieurs fois qu’il ne veut en aucun cas me presser, / qu’il ne souhaite pas que je parte, […] mais qu’il est l’heure du départ, / et bien que tout cela soit vrai, / il semble vouloir me faire déguerpir, c’est l’image qu’il donne, [...]. » Scène 2 Antoine propose d’accompagner Louis, mais Suzanne préfère que Louis reste pour dîner. Louis préfère repartir le lendemain, ce qui est ironique puisqu'il dit Mieux encore, je dors ici, je passe la nuit, je ne pars que demain, / mieux encore, je déjeune à la maison, / mieux encore je ne travaille plus jamais, / je renonce à tout, / j'épouse ma sœur, nous vivons très heureux. » Il est sous-entendu qu'ils se prennent la tête pour un rien, mais surtout que Louis veut repartir le soir-même. Antoine s’offusque des propositions de Suzanne, il ne veut pas changer de plan. Quand Suzanne lui dit qu’il est désagréable, il s’indigne. D’après Catherine, Suzanne voulait juste remarquer qu’Antoine est parfois un peu brutal », ce qui aggrave la colère d’Antoine et le pousse à devenir violent envers Louis avec la réplique Tu me touches je te tue », alors qu'il essayait simplement de le calmer. Il proclame qu’il ne voulait rien de mal, qu’on ne peut pas toujours avoir raison contre lui, et que la réaction des autres est fort injuste. Catherine préfère qu’Antoine s’en aille avec Louis, ce à quoi Louis acquiesce. Antoine déclare qu’il est désolé et fatigué sans savoir pourquoi. Il ne voulait pas être méchant, ni brutal, il n’a jamais été ainsi. Il se souvient que lui et Louis se battaient sans cesse étant petits. Antoine sortait toujours vainqueur, parce que je suis plus fort, parce que j’étais plus costaud que lui », ou alors parce que celui-là se laissait battre ». Il tance les autres pour avoir fait front contre lui et morigène Suzanne qui, selon lui, aurait toujours pris le parti de Louis. Scène 3 Antoine tient un monologue. Ses paroles Tu dis qu’on ne t’aime pas, / je t’entends dire ça, toujours je t’ai entendu, […] » sont probablement adressées à son frère. Il ajoute que tu ne manquais de rien et tu ne subissais rien de ce qu’on appelle le malheur. » Il admet cependant que nous n’étions pas bons avec toi, / et nous te faisions du mal. / Tu me persuadais, / j’étais convaincu que tu manquais d’amour. » Enfant, Antoine souffrait pour son frère cette peur que j’avais que personne ne t’aime jamais, / cette peur me rendait malheureux à mon tour, / comme toujours les plus jeunes frères se croient obligés de l’être par imitation et inquiétude, […]. » La famille pensait en effet qu’elle n’aimait pas assez Louis. Épilogue Louis est mort Après, ce que je fais, / je pars. / Je ne reviens plus jamais. Je meurs quelques mois plus tard, / une année tout au plus. » Il mentionne son séjour dans le Sud de la France égaré dans les montagnes durant une promenade nocturne, il décida de suivre une voie ferrée. Arrivé devant l’entrée d’un immense viaduc qui dominait une vallée, il éprouva un farouche besoin de pousser un grand et beau cri, / un long et joyeux cri qui résonnerait dans toute la vallée, […]. » Mais il se tut. Il clôt en déclarant Je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier. / Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterai. » Éditions Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, Besançon, Les Solitaires intempestifs, coll. Bleue », 2000, 77 p. ISBN 2-912464-88-9 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, Paris, Flammarion, coll. Étonnants classiques », 2020, 218 p. ISBN 978-2-0815-1844-5 Jean-Luc Lagarce préf. Jean-Pierre Sarrazac, Juste la fin du monde, Besançon, Les Solitaires intempestifs, coll. Classiques contemporains », 2020, 155 p. ISBN 978-2-84681-612-0 Adaptations Au théâtre La pièce de théâtre a été adaptée dans une mise en scène de François Berreur en 2007[5], avec la distribution suivante Danièle Lebrun, Elizabeth Mazev, Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Bruno Wolkowitch, et dont les répétitions ont fait l'objet d'une vidéo du réalisateur Joël Curtz[6]. La pièce entre au répertoire de la Comédie-Française en mars 2008, avec la mise en scène de Michel Raskine récompensée par le Molière du meilleur spectacle, et donne lieu à de nouvelles représentations lors de la saison 2009-2010 reprise. Samuel Theis met lui aussi en scène Juste la fin du monde en 2011. Le spectacle remporte les prix SACD et Théâtre 13 Jeunes metteurs en scènes. En 2018, la pièce a également été mise en scène par Julien Tanguy, avec la distribution suivante Adrien Le Merlus, Johanne Lutrot, Clara Le Lay, Coline Marquet et Aymone Clavier. La première représentation a eu lieu le 5 décembre 2018 à l'amphithéâtre Michel Le Corno Vannes, produite par la Compagnie Catharsis. En 2020, Félicité Chaton, assistée de Suzie Baret-Fabry l'ont mise en scène, avec la collaboration artistique d'Angèle Peyrade. La distribution a donné ceci Florent Cheippe pour Louis, Angèle Peyrade pour Suzanne, Xavier Broussard pour Antoine, Aurelia Anto pour Catherine et Cécile Péricorne pour la mère. La mise en scène a lieu au théâtre L'échangeur à Bagnolet. Au cinéma Olivier Ducastel et Jacques Martineau adaptent la pièce en 2008 dans un film avec la distribution de la Comédie-Française Pierre Louis-Calixte Louis, Catherine Ferran Martine, la mère, Elsa Lepoivre Catherine, la femme d'Antoine, Julie Sicard Suzanne, Laurent Stocker Antoine. Xavier Dolan adapte la pièce au cinéma dans le film franco-canadien Juste la fin du monde, sorti le 21 septembre 2016 en France et au Québec avec la distribution suivante Gaspard Ulliel Louis, Nathalie Baye Martine, la mère, Léa Seydoux Suzanne, Vincent Cassel Antoine et Marion Cotillard Catherine, la femme d'Antoine. Notes et références ↑ Juste la fin du monde » version du 24 mars 2016 sur l'Internet Archive, sur ↑ Avec "Juste la fin du monde", Luca Ronconi consacre Lagarce à Milan », Le 2 avril 2009 lire en ligne, consulté le 22 janvier 2022 ↑ BNF Agrégation de lettres modernes 2012 Bibliographie des ouvrages disponibles en libre-accès [1] ↑ Jean-Pierre Sarrazac, Préface à l'édition 2012 ↑ Juste la fin du monde, mise en scène François Berreur 2007 » version du 21 janvier 2008 sur l'Internet Archive, sur ↑ Association Quelques éclaircies » autour des répétitions - Juste la fin du monde - Jean-Luc Lagarce, - mise en scène François Berreur, - », sur consulté le 22 janvier 2022 Voir aussi Bibliographie Catherine Brun, Jean-Luc Lagarce et la poétique du détour l'exemple de Juste la fin du monde », Revue d'Histoire littéraire de la France, vol. 109,‎ 2009, p. 183-196 lire en ligne Anne Loncan, Cinq personnages en quête d’auteur », Le Divan Familial, no 47,‎ 2021, p. 35-48 lire en ligne Bülent Caglakpinar, Dialogue des deux frères une tension historique dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce », Studii si Cercetari Filolgice, vol. 1,‎ 2015, p. 29-38 Pascal Lécroart dir. et Alexis Leprince dir., Juste la fin du monde, de Lagarce à Dolan, Skén&graphie, 2018 lire en ligne Geneviève Salvan, Juste la fin du monde. L'excès juste, ou l'hyperbole exagère-t-elle toujours? », Revue Travel,‎ 2014 lire en ligne Catherine Douzou dir., Lectures de Lagarce Derniers remords avant l'oubli, Juste la fin du monde, Presses Universitaires de Rennes, 2011 Liens externes Jean-Pierre Ryngaert Juste la fin du monde – Dire avec une infinie précision, article publié sur CRDP de Franche-Comté, dossier pédagogique [2] Les Archives du Spectacle Jean-Luc Lagarce Pièces Erreur de construction 1977 Carthage, encore 1978 La Place de l'autre 1979 Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale 1980 Ici ou ailleurs 1981 Les Serviteurs 1981 Noce 1982 La bonne de chez Ducatel 1977 Vagues souvenirs de l'année de la peste 1982 Hollywood 1983 Histoire d'amour repérages 1983 Retour à la citadelle 1984 Les Orphelins 1984 De Saxe, roman 1985 La Photographie 1986 Derniers remords avant l'oubli 1987 Music-hall 1988 Les Prétendants 1989 Juste la fin du monde 1990 Histoire d'amour derniers chapitres 1990 Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne 1994 Nous, les héros 1993 Nous, les héros version sans le père 1993 J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne 1994 Le Pays lointain 1995 Proses Le Bain 1993 L'Apprentissage 1993 Du luxe et de l'impuissance 1993 Le voyage à la Haye 1994
Parailleurs, la pré­sence d’un inter­mède dans Juste la fin du monde, œuvre ouverte par un épi­logue proche du tra­gique, confirme l’hypothèse du col­lage, du mon­tage d’éléments dis­pa­rates. Ce lien avec le diver­tis­se­ment fait contraste avec la ten­sion de la scène pré­cé­dente, grande scène d’affrontement entre les deux frères.
Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie II, scène 2 Commentaire composé. Dernière mise à jour 30/11/2021 • Proposé par jllesaint élève Texte étudié ANTOINE. — [...] Catherine, aide-moi, je ne disais rien, on règle le départ de Louis, il veut partir, je l’accompagne, je dis qu’on l’accompagne, je n’ai rien dit de plus, qu’est-ce que j’ai dit de plus ? Je n’ai rien dit de désagréable, pourquoi est-ce que je dirais quelque chose de désagréable, qu’est-ce qu’il y a de désagréable à cela, y a-t-il quelque chose de désagréable à ce que je dis ? Louis ! Ce que tu en penses, j’ai dit quelque chose de désagréable ? Ne me regardez pas tous comme ça ! CATHERINE. — Elle ne te dit rien de mal, tu es un peu brutal, on ne peut rien te dire, tu ne te rends pas compte, parfois tu es un peu brutal, elle voulait juste te faire remarquer. ANTOINE. — Je suis un peu brutal ? Pourquoi tu dis ça ? Non. Je ne suis pas brutal. Vous êtes terribles, tous, avec moi. LOUIS. — Non, il n’a pas été brutal, je ne comprends pas ce que vous voulez dire. ANTOINE. — Oh, toi, ça va, la Bonté même » ! CATHERINE. — Antoine. ANTOINE. — Je n’ai rien, ne me touche pas ! Faites comme vous voulez, je ne voulais rien de mal, je ne voulais rien faire de mal, il faut toujours que je fasse mal, je disais seulement, cela me semblait bien, ce que je voulais juste dire – toi, non plus, ne me touche pas ! – je n’ai rien dit de mal, je disais juste qu’on pouvait l’accompagner, et là, maintenant, vous en êtes à me regarder comme une bête curieuse, il n’y avait rien de mauvais dans ce que j’ai dit, ce n’est pas bien, ce n’est pas juste, ce n’est pas bien d’oser penser cela, arrêtez tout le temps de me prendre pour un imbécile ! il fait comme il veut, je ne veux plus rien, je voulais rendre service, mais je me suis trompé, il dit qu’il veut partir et cela va être de ma faute, cela va encore être de ma faute, ce ne peut pas toujours être comme ça, ce n’est pas une chose juste, vous ne pouvez pas toujours avoir raison contre moi, cela ne se peut pas, je disais seulement, je voulais seulement dire et ce n’était pas en pensant mal, je disais seulement, je voulais seulement dire... LOUIS. — Ne pleure pas. ANTOINE. — Tu me touches je te tue. LA MERE. — Laisse-le, Louis, laisse-le maintenant. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie II, scène 2 Jean Luc Lagarce né en 1957 et mort en 1995 est un auteur dramatique contemporain et metteur en scène du XXe siècle, il publie en 1990 Juste avant la fin du monde, une pièce de théâtre. Dans la scène 2 de la partie 2, Louis, héros principal de la pièce, revient après une longue absence annoncer sa mort prochaine à sa famille. Son frère et sa sœur se disputent, et il finira par repartir sans rien leur dire. Ainsi nous pourrons nous demander dans quelle mesure cette scène montre l’échec de la communication pour éviter les conflits. Pour cela, nous aborderons dans un premier temps les tensions qui posent un problème de communication au sein de la famille. Dans un deuxième temps, nous analyserons la violence qui finit par dominer la scène, en se substituant à la communication. I. Des tensions qui brouillent la communication Antoine, le frère du héros, est en colère contre Suzanne, leur sœur. Elle lui reproche des choses qui selon lui sont fausses. La tension entre les membres de la famille est de ce fait palpable. a Chaque personnage est impliqué Antoine exprime sa colère je ne disais rien .. je n'ai rien dit de plus ... je n'ai rien dit » lignes 2,5,7. Il se répète pour prouver son innocence. Il continue en se questionnant y-a-t-il quelque chose de désagréable à ce que je dis ? » puis prend son frère à témoin Louis! ... j'ai dit quelque chose de désagréable ? » Antoine est indigné Ne me regardez pas comme ça ! » Catherine la femme d’Antoine prend à son tour partie et défend Suzanne Elle ne te dit rien de mal ». Elle juge son mari en l'accusant d'être une brute tu es un peu brutal » et continue en lui disant on ne peut rien te dire » b Une difficulté de communication, accentuée par la paranoïa d'Antoine Antoine par la suite s'interroge à nouveau Je suis un peu brutal ? Pourquoi tu dis ça ? » Ce questionnement rhétorique nous donne l'impression qu'il est paranoïaque. Il croit que tout le monde est contre lui Vous êtes terribles,tous avec moi » Cela accentue sa possible paranoïa. Louis essaie de défendre Antoine mais celui-ci le brime en le surnommant la bonté même » L'auteur emploie ici une antiphrase. Il se met en position de victime ce n'est pas bien, ce n'est pas juste » arrêtez...de me prendre pour un imbécile ! » Il emploie un rythme redondant et amplifie ses propos. Antoine n'arrive pas à communiquer, et finit par substituer à ses difficultés de communication un comportement violent. II. La violence d'Antoine se substitue à la communication a L'agressivité d'Antoine Antoine finit par devenir violent, il repousse sa femme Je n'ai rien ne me touche pas » Il poursuit avec toi, non plus, ne me touche pas ! » il devient agressif, il insinue qu'on le prend pour un monstre comme une bête curieuse » il se compare à une bête. Quand Louis essaie de le consoler Ne pleure pas », il se fait aussitôt rejeter Tu me touches je te tue ». Il finit ainsi son dialogue par une menace de mort. b Le désespoir d'Antoine Antoine finit par lâcher prise et ne désire plus rien il fait comme il veut, je ne veux plus rien » Il a perdu toute conviction, il pense que c'est injuste ce qui lui arrive et il le fait savoir ce ne peut pas... ce n'est pas une chose juste, vous ne pouvez pas... cela ne se peut pas. » Il est accablé sous les reproches. Il bafouille et se répète et ne finit pas ses phrases je voulais seulement dire... » Il finit par succomber à la pression et finit par pleurer. Leur mère intervient et ordonne à Louis de s'éloigner Laisse-le, Louis, laisse-le maintenant. », ce qui met fin à la discussion. Conclusion En définitive Antoine est un éternel incompris, il ne sait pas exprimer ses sentiments et se sent offensé et attaqué par tous. Il en devient paranoïaque et violent. Les tensions naissantes dans cette scène se sont ainsi transformées en violence. Louis lui, dans ce passage, est constamment agressé par son frère aîné, qui menace même de le tuer. L'auteur met en avant la rage d'Antoine en laissant du coup Louis de côté. Louis a bien essayé d'arranger les choses, mais en vain. Il partira sans avoir pu leur annoncer son funeste destin. La violence a dès pris le pas sur la communication, qui a empêché la principale raison de la venue de Louis.
Lethéâtre repose sur une action à accomplir. Ici, Louis doit avouer sa mort. Juste la fin du monde mobilise le registre tragique. La crise n’est pas la conséquence de l’action mais le fait qu’elle ne s’accomplit jamais. 👉 À la fin, il repart sans avoir rien dit.

Pour ma part, je pense leur demander, dans un premier temps, de lire la pièce et je leur montrerai la mise en scène de Berreur la semaine suivante. Une mise en scène ets une interprétation et j'aimerais qu'ils se fassent la leur, que nous puissions en discuter avant que ne leur soit imposé un la pièce de Lagarde, mais avez-vous apprécié la mise en scène de Berreur ? Vraiment ? Suis-je vraiment la seule ? ChlidéNiveau 9En fait, les élèves n’avaient pas lu la pièce, je leur ai proposé une heure de travail autour de la lecture seule du prologue, quelques uns ont lu à haute voix et ensuite nous avons commenté les lectures et ainsi sommes entrés dans l’étude du texte. A l’issue de l’analyse seulement je leur ai proposé plusieurs mises en scènes. Mais comme toi Mehitabel, celle de Berreur... je n’accroche pas du tout! Mais j’essaierai de regarder la pièce entière avec le lien donne plus haut. Je n’ai vu que le prologue jusque là. Je n’avais pas aimé l’adaptation de Dolan avant d’avoir bien étudié la pièce avec les élèves. Je l’ai revu récemment et ai finalement beaucoup apprécié et mieux compris les choix Chlidé a écritEn fait, les élèves n’avaient pas lu la pièce, je leur ai proposé une heure de travail autour de la lecture seule du prologue, quelques uns ont lu à haute voix et ensuite nous avons commenté les lectures et ainsi sommes entrés dans l’étude du texte. A l’issue de l’analyse seulement je leur ai proposé plusieurs mises en scènes. Mais comme toi Mehitabel, celle de Berreur... je n’accroche pas du tout! Mais j’essaierai de regarder la pièce entière avec le lien donne plus haut. Je n’ai vu que le prologue jusque là. Je n’avais pas aimé l’adaptation de Dolan avant d’avoir bien étudié la pièce avec les élèves. Je l’ai revu récemment et ai finalement beaucoup apprécié et mieux compris les choix engagés. Il faudrait que je regarde à nouveau Dolan d'après ce que tu me dis, j'apprécierais peut-être davantage. Je suis très très gênée par l'âge des acteurs dans la pièce de Berreur, et l'acteur qui joue Louis ChlidéNiveau 9Pour le film, j’ai regardé 20 minutes, ai été choquée par la vulgarité exacerbée d’Antoine et l’allure outrancière de la mère, puis cette espèce de ralenti entre Louis et Catherine que j’ai cru être un coup de foudre. J’ai coupé. Finalement j’ai discuté avec un collègue qui a la certification de cinéma et qui m’a expliqué la cinématographie de Dolan et l’importance du rôle de la mère. Et vraiment j’ai quand même apprécié, et trouvé puissants certains personnages et très interessantes certaines scènes. Mais il m’a fallu ce temps nécessaire d’appropriation de la pièce que je ne connaissais pas avant de l’étudier cette 1 Mehitabel a écritJe suis très très gênée par l'âge des acteurs dans la pièce de Berreur, et l'acteur qui joue Louis En fait cette mise-en-scène répond à un des questionnements de la pièce, à de très nombreuses reprises il est question de jouer un jeu, mentir, de même la fameuse didascalie liminaire "l'année entière", ainsi il est tout à fait possible de comprendre cette pièce comme une représentation imaginaire de Louis, un Louis qui n'a peut-être pas 34 ans mais bien plus. La majorité des échanges entre Louis et un membre de sa famille est construite de façon à ce que son interlocuteur imagine ce qu'il est, comment il agit exemple Suzanne "je ne t'imaginais pas comme ça/ comme ça que je t'imaginais" ou la fameuse scène de Louis au café par Antoine, ne serait-ce pas alors un moyen de gagner pour Louis que d'imaginer tout cela ? De prendre sa revanche sans avoir à les "tuer un par un" dans le deuxième ou troisième monologue je ne sais plus. Berreur connaissant très bien Lagarce, cette mise-en-scène témoigne d'une lecture certes spécifique mais très intéressante de la pièce. sinanNiveau 8Une idée de sujet de dissertation ?LDRNiveau 5 sinan a écritUne idée de sujet de dissertation ? Avec un petit café, aussi? gregforeverExpert spécialiséDans l'édition reçue j'ai trouvéLes non-dits et les secrets familiaux constituent-ils des moteurs efficaces de l'action dramatique?"Dire/seulement dire" affirme Louis dans le prologue de Juste la fin du monde. En quoi la parole l'usage qu'on fait du langage sont -ils un puissant ressort dramatique dans les pièces qui ont pour thème la famille?sinanNiveau 8 LDR a écrit sinan a écritUne idée de sujet de dissertation ? Avec un petit café, aussi? Merci pour l'offre !J'aime bien ce parcours, mais je trouve qu'il n'est pas facile de trouver un sujet de dissertation. Les deux sujets dans l'édition Étonnants classiques ne m'inspirent pas trop...RellNiveau 6Je suis un peu gêné par le fait que la collection Etonnants Classiques qualifie la scène 3 de la 1ère partie de "monologue" de Suzanne. Pour moi, ce n'est pas un monologue. Certes, elle est seule à parler, mais elle s'adresse à Louis, présent sur scène et présent aussi dans le texte puisque l'on sait qu'il rit quand Suzanne parle de son "don" "tu ris". Selon le Dictionnaire du littéraire, "Il y a monologue lorsqu'une personne ou un personnage parle à voix haute et pour soi-même". Ce n'est pas le cas ici. Qu'en pensez-vous ?_________________Classes 2020-2021 deux classes de 1ère générale + HLP 1ère"Le temps était encore ténébreux et sentant l'infélicité et calamité des Goths, qui avaient mis à destruction toute bonne littérature ; mais, par la bonté divine, la lumière et dignité a esté de mon âge rendue ès lettres [...] Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées, grecque, sans laquelle c'est honte que une personne se die savant, Hébraïque, Chaldaïque, Latine "[...]François Rabelais, Les Horribles et Épouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel, chap. 8, 1Fais soliloquer Suzanne et le problème est réglé ! LDRNiveau 5Mouais... Je crois pas que le problème soit réglé. Monologue et soliloque supposent la même chose en termes de personnages présents sur scène seul celui qui parle, mais diffèrent quant à la destination multiple, pour le monologue, sans destination autre qu'à soi-même, pas même le public, pour le soliloque, d'après Ubersfeld qui considère même qu'en réalité il n'existe que peu de soliloques au théâtre. J'ai repris la terminologie d'Ubersfeld qui théorise la notion de quasi-monologue quant au théâtre contemporain "le théâtre contemporain ne se contente pas de se servir du monologue, il le réinsère à l'intérieur même du dialogue" comme le suggère Eric Duchâtel dans son dossier pédagogique CNDP sur Lagarce pour la spécialité théâtre. Le quasi-monologue suppose une parole unique, qui efface complètement l'autre voire supprime toute possible communication avec lui, mais rend fragile cette parole d'apparence solitaire du fait même de la présence d'un autre ou de plusieurs autres personnages. Le quasi-monologue entend comme une volonté de disparaître par la parole, chez les personnages de Lagarce - tous sont submergés, tant ceux qui parlent, que ceux qui écoutent et/ou cherchent à DarkNiveau 1Je réponds un peu tard mais personnellement je conseillerais la mise en scène de M. Raskine à la Comédie-Française en 2008, bon contrepoint à celle de F. Berreur. Les analyses comparatives des deux mises en scène sont 6 LDR a écritMouais... Je crois pas que le problème soit réglé. Monologue et soliloque supposent la même chose en termes de personnages présents sur scène seul celui qui parle, mais diffèrent quant à la destination multiple, pour le monologue, sans destination autre qu'à soi-même, pas même le public, pour le soliloque, d'après Ubersfeld qui considère même qu'en réalité il n'existe que peu de soliloques au théâtre. J'ai repris la terminologie d'Ubersfeld qui théorise la notion de quasi-monologue quant au théâtre contemporain "le théâtre contemporain ne se contente pas de se servir du monologue, il le réinsère à l'intérieur même du dialogue" comme le suggère Eric Duchâtel dans son dossier pédagogique CNDP sur Lagarce pour la spécialité théâtre. Le quasi-monologue suppose une parole unique, qui efface complètement l'autre voire supprime toute possible communication avec lui, mais rend fragile cette parole d'apparence solitaire du fait même de la présence d'un autre ou de plusieurs autres personnages. Le quasi-monologue entend comme une volonté de disparaître par la parole, chez les personnages de Lagarce - tous sont submergés, tant ceux qui parlent, que ceux qui écoutent et/ou cherchent à parler. J'avais vu ça aussi, mais, pour moi Louis est très présent dans cet échange il est l'objet et le destinataire de la parole de Suzanne, qui rend compte de son attitude avec la didascalie interne "tu ris". Elle ne lui laisse pas la possibilité de s'exprimer mais ne l'efface pas complètement non 2020-2021 deux classes de 1ère générale + HLP 1ère"Le temps était encore ténébreux et sentant l'infélicité et calamité des Goths, qui avaient mis à destruction toute bonne littérature ; mais, par la bonté divine, la lumière et dignité a esté de mon âge rendue ès lettres [...] Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées, grecque, sans laquelle c'est honte que une personne se die savant, Hébraïque, Chaldaïque, Latine "[...]François Rabelais, Les Horribles et Épouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel, chap. 8, 5Justement, ça rend le soliloque obsolète, puisqu'Ubersfeld considère qu'il y a soliloque lorsque la parole n'est destinée qu'à soi, pas même au public. Du point de vue du dispositif scénique, il n'y a pas que Suzanne, donc ça élimine le monologue. On parle parfois de monologue quand le personnage se croit seul sur scène, ce qui n'est ici pas le cas contrairement à Intermède, scène 3. Ne restent que la tirade, ou le quasi-monologue. Je trouve que le deuxième contient une connotation stylistique qui sous-entend la volonté d'effacer l'autre - mais peut-être pas l'actualisation de cet effacement. Tout est là, chez Lagarce, et notamment dans la parole rare voire absente de Louis Louis demeure présent, se tait-il par faiblesse dans le rapport de force, ou par volonté, comme le laisse penser le Prologue où il se définit comme "l'unique messager", donc maître de sa parole?0massilia0Niveau 6Bonjour, que pensez-vous du sujet sur Lagarce tombé aujourd'hui ? Diriez vous que Juste la fin du monde est un drame intime ?Je le trouve assez dur, et vous ? Rien ne me vient sur une antithèse possible... DorineNiveau 9C'est en lien avec le parcours crise personnelle, crise familiale. Je ne le trouve pas particulièrement édition par Dorine le Jeu 17 Juin 2021 - 1710, édité 1 foisSimonellaNiveau 7Dans les textes officiels, ils disent bien que le plan dialectique n'est plus exigé, qu'on accepte une grande souplesse dans le plan 6Du coup, vous auriez des pistes à proposer ? Je veux bien ne pas faire de plan dialectique mais la question engageait tout de même une discussion non ? Surtout avec le alors, oui je le dirais pour telle et telle raison ? SimonellaNiveau 7Quoi qu'il en soit, tu as raison, quel que soit le plan adopté, il faut nuancer, intime et drame familial, la parole qui permettrait de dépasser ces crises devient 6ok, pour moi, ce qui relève de la famille est aussi de l'ordre de l'intime, d'où mon questionnement. Du coup si on considère que "intime" renvoie à la crise personnelle, ça parait plus simple, mais il ne faut pas trop approfondir le sens des mots je trouve. Et parler de la parole, oui de toutes façons. Mercicannelle21VénérableBonjour à tous,Je commence à être en retard avec mes STMG. J'aimerais faire avec eux un commentaire d'un texte de théâtre avant les vacances. J'aimerais qu'il soit plutôt en lien avec le parcours, même si je sais que ce n'est pas obligatoire. Est-ce que quelqu'un aurait un sujet et un corrigé ? Je sais que j'abuse mais j'ai été malade et suis complètement à la y a des gens si bêtes que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de spécialiséLe passage d'Antigone avec la tirade Créon ça rentre dans le parcours et comme le passage a été donné au bac il y a des corrigés gregforever a écritLe passage d'Antigone avec la tirade Créon ça rentre dans le parcours et comme le passage a été donné au bac il y a des corrigés partout. Mais oui !!! Super. Tu sauves mon cerveau en y a des gens si bêtes que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de 9 cannelle21 a écritBonjour à tous,Je commence à être en retard avec mes STMG. J'aimerais faire avec eux un commentaire d'un texte de théâtre avant les vacances. J'aimerais qu'il soit plutôt en lien avec le parcours, même si je sais que ce n'est pas obligatoire. Est-ce que quelqu'un aurait un sujet et un corrigé ? Je sais que j'abuse mais j'ai été malade et suis complètement à la ramasse. Tu as aussi Les Mouches, de Sartre, le monologue d'Electre pendant qu'Oreste tue leur similairesJuste la fin du monde Lagarce / Dolan[Programme 1re] Juste la fin du monde Lagarce - Mise en scène CF disparue ! HELP[Lettres lycée] Lecture cursive en parallèle à Juste la fin du monde [Lettres lycée] Parcours et OI ou parcours avec OIParcours éducatifs le "parcours d'excellence"Sauter versPermission de ce forumVous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum

Introduction Juste la fin du monde est une pièce de théâtre contemporaine de Jean-Luc Lagarce, qu’il a terminée en 1990 et qu’il n’a pas pu mettre en scène de son vivant. Elle le sera 4 ans après sa mort, en 1999. Elle aborde le thème du retour et celui de la famille et met en scène un conflit familial où la parole joue un rôle central.

Les crises dépassent-elles la parole dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce ? Introduction Le théâtre classique nous avait habitués à des répliques ciselées, des arguments déjà longuement mûris, une pensée qui se conçoit bien et s’énonce clairement, des alexandrins équilibrés… Et voilà qu’on découvre chez Jean-Luc Lagarce des vers libres très longs ou très courts, des personnages qui hésitent, qui se reprennent et se corrigent sans cesse Je suis fasciné par la manière dont, dans la vie, les conversations, les gens — et moi en particulier — essaient de préciser leur pensée à travers mille tâtonnements… Au-delà du raisonnable. Jean-Luc Lagarce, Entretien pour Lucien Attoun, Vivre le théâtre et sa vie », 16 juin 1995. Ces tâtonnements, c’est la fameuse figure de l’épanorthose reformuler pour mieux dire. Mais Lagarce précise bien “au-delà du raisonnable”, comme s’il ne s’agissait pas tant de mieux dire, que d’insister sur une parole insuffisante, des doutes, des silences, qui dépassent la parole elle-même, pour révéler des crises. Dans quelle mesure la parole permet-elle d’exprimer les crises qui hantent cette pièce de Jean-Luc Lagarce ? > Pour vous aider à suivre le raisonnement étape par étape, je vais annoncer mes grandes parties au fur et à mesure… > Et pour retrouver toutes mes vidéos et documents sur cette œuvre, rendez-vous sur mon site www . mediaclasse . fr Première partie Les mots des crises D’abord, les crises passent à travers des mot précis, choisis avec soin. On recherche celui qui sera le mieux adapté à la situation. Quand Antoine reproche à sa femme d’ennuyer son frère en parlant de ses enfants, Louis répond Ce n’est pas méchant, c’est … déplaisant. Partie 1, scène 2, Et en effet, Antoine doit sans cesse se débattre avec les étiquettes et notamment les adjectifs qualificatifs qui lui collent à la peau déplaisant … brutal … désagréable » ANTOINE. — Je ne suis pas un homme brutal, ce n’est pas vrai, c’est vous qui imaginez cela, [...] je ne le suis pas et ne l’ai jamais été. Partie 2, scène 2, C’est d’ailleurs le cas de chaque personnage, qui sont tous bien plus complexes et ambivalents que ne le laissent entendre ces étiquettes. Pour creuser la question, j’analyse chaque personnage, dans une vidéo spéciale, sur mon site. Mais une étiquette plus fatale encore que l’adjectif qualificatif, c’est le nom propre… Comme l’explique Catherine, Louis » c’est avant tout le prénom de votre père ». D’une manière implicite, comme dans une dynastie, les responsabilités du père sont transmises au fils aîné. Le nom propre porte la fatalité du drame familial. Une autre chose qui donne du poids aux paroles la confidence. Quand le mot est adressé en privé, quand il n’est pas laissé, comme le dit Suzanne à tous les regards », il prend naturellement plus d’importance. Chaque membre de la famille aura quelque chose à dire à Louis, seul à seul. SUZANNE. — Nous éprouvons les uns et les autres, ici, tu le sais, [...] une certaine forme d'admiration, c'est le terme exact, une certaine forme d'admiration pour toi. Partie 1, scène 2, Que cache ce mot admiration » ? Est-ce que c’est vraiment le terme exact ? Est-ce que derrière, il n’y a pas le désir de faire la même chose, mais sans oser le faire, une certaine jalousie, une certaine amertume, et donc, une manifestation de la crise familiale ? Les mots de la mère jouent un rôle important dans la crise familiale. D’abord, ce sont les mots du passé le dimanche, on allait se promener » qui ne sont en fait que des reproches. LA MÈRE. — Ils ne voulurent plus venir avec nous, ils allaient chacun de leur côté faire de la bicyclette, chacun pour soi, et nous seulement avec Suzanne, cela ne valait plus la peine. ANTOINE. — C'est notre faute. SUZANNE — Ou la mienne. Partie 1, scène 4, Mais plus souvent encore, les mots de la mère sont associés au futur, un futur prophétique qui prépare les crises, qui les rend pratiquement inévitables LA MÈRE. — Ils veulent te parler, tout ça … ils voudront t’expliquer mais ils t’expliqueront mal … ils seront brutaux. Partie 1, scène 8, Exactement comme la Pythie antique, qui utilise des mots, mais sans réellement se rendre compte de leur réelle portée. Au point que la prophétie amène sa propre réalisation. Et enfin, même lorsque les personnages gardent le silence, c’est pour souligner le poids des mots. Antoine se tait pour donner l’exemple », Suzanne se dit proportionnellement silencieuse » comme pour conjurer le danger des mots. Les mots ont leur importance, mais on le voit déjà, ils ne sont jamais suffisants tout seuls nom propre, étiquette définitoire, confidence, prophétie, invitation au silence… Ils testent sans cesse les limites du langage. Deuxième partie Les crises au-delà des mots Les paroles cachent souvent une attitude, un geste, plus révélateurs que le mot lui-même. Comme si Lagarce confiait les didascalies aux personnages… Suzanne s’étonne quand Louis serre la main de Catherine, Antoine compare sa sœur à un épagneul, etc. Ces gestes qui ont un sens caché, aident à comprendre la première scène de la pièce je vous en propose une explication linéaire en vidéo, sur mon site. Les gestes semblent même jouer un rôle clé dans le destin fatal des personnages. Au moment du départ de Louis, La Mère lui caresse la joue, comme pour confirmer la réalisation de ses prophéties LOUIS. — Elle, elle me caresse une seule fois la joue, doucement, comme pour m'expliquer qu'elle me pardonne je ne sais quels crimes, et ces crimes que je ne me connais pas, je les regrette. Partie 2, scène 1, Quoi qu’il arrive, La Mère pardonne d’avance son fils avec cette expression il a toujours fait ce qu’il avait à faire »… Étrange tournure où le pronom relatif ce que » renvoie automatiquement, en dehors de la chaîne parlée, à n’importe quelle action. Logique tautologique qui se prouve elle-même, où les actes définissent les devoirs à l’avance. De façon plus subtile, le ton de la voix est plus évocateur que les mots eux-mêmes. Par exemple, pendant l’intermède, la dispute entre les deux frères a remis en cause tous les équilibres… pas besoin de savoir exactement son contenu CATHERINE. — Vous vous disputiez, [...] on entendait Antoine s'énerver et c'est maintenant comme si tout le monde était parti et que nous soyons perdus. Intermède, scène 5, Parfois même, il suffit de répéter des mots vides de sens, en changeant légèrement le ton, pour exprimer un désaccord, pour déclencher la crise LOUIS. — Oui, je veux bien, un peu de café, je veux bien. ANTOINE. — Je veux bien, un peu de café, je veux bien. » CATHERINE. — Antoine ! Partie 1, scène 9, C’est même le chant qui permet à Louis de s’avouer une chose grave — sa crainte excessive des liens affectifs LOUIS. — Je me le chantonne pour entendre juste le son de ma voix la pire des choses serait que je sois amoureux. Intermède, Souvent même, pas besoin des mots, il suffit d’entrer dans un rôle. Louis est tour à tour messager, voyageur, héros tragique… Dès que possible, il se donne le beau rôle ANTOINE. — Lorsqu'on était plus jeunes, [...] on se battait toujours et [...] celui-là [...] se laissait battre, perdait en faisant exprès et se donnait le beau rôle. Partie 2, scène 2, La dernière scène de la pièce, qui vient juste après, permet justement à Antoine de mieux dénoncer les supercheries de Louis. Pour aller plus loin, je vous en propose une explication linéaire dans une vidéo spéciale, sur mon site. Louis le dit lui-même c’est en réalité une manière d’accuser son frère sans avoir besoin d’utiliser la parole. LOUIS. — Il semble vouloir me faire déguerpir, c'est l'image qu'il donne, c'est l'idée que j'emporte. Il ne me retient pas, et sans le lui dire, j'ose l'en accuser. Partie 2, scène 1, Ce que fait Louis, c’est qu’il utilise une expression toute faite, qui vient justement jouer sur les limites du mot agréable » . Et Antoine tombe dans le piège LOUIS. — Cela joint l'utile à l'agréable. ANTOINE. — C'est cela, voilà, exactement, comment est-ce qu'on dit ? d'une pierre deux coups ». Partie 2, scène 2, Dans la bouche d’Antoine, cette pierre évoque bien l’arme d’un crime, ce qui déclenche la réaction de Suzanne SUZANNE — Ce que tu peux être désagréable, [...] tu vois comme tu lui parles, tu es désagréable, ce n'est pas imaginable. Partie 2, scène 2, Les paroles renvoient à des expressions toutes faites, ou à d’autres textes, qui déteignent sur les mots eux-mêmes. Louis ne peut pas se dire étranger » sans faire surgir en nous le Héros tragique de Camus, Meursault, condamné à mort pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère. LOUIS. — Je pense du mal. Je n'aime personne, je ne vous ai jamais aimés, c'était des mensonges, [...] Je décide de tout, la Mort aussi, elle est ma décision Je suis un étranger. Je me protège. Partie 1, scène 10, Ces références à la littérature de l’absurde, à Camus et Beckett, mais aussi à la Bible, à Caïn et Abel, au fils prodigue, tout cet intertexte laisse planer les menaces d’un dieu invisible, silencieux, ou sur le point de mourir. Au-delà des paroles et au-delà des mots, tous les moyens du théâtre sont mis en œuvre, comme si le théâtre lui-même devenait insuffisant pour ces crises, comme s’il était lui-même en crise. Troisième partie La parole théâtrale en crise D’abord, les mots ne cessent de lutter contre eux-mêmes, de se dénoncer eux-mêmes. C’est le cas dans la prétérition par exemple dire une chose en affirmant qu’on ne la dit pas CATHERINE. — Ce n’est pas un reproche, [...] je ne voudrais pas avoir l’air de vous faire un mauvais procès. Partie 1, scène 6, Avec cette prétérition, Catherine tente de désamorcer d’avance l’interprétation qu’on pourrait faire de ses paroles. L’épanorthose représente exactement cette crise de la parole qui se combat elle-même, où chaque mot ajouté tente d’effacer les mots déjà prononcés. On le voit par exemple dans le prologue avec la persistance du verbe annoncer ». LOUIS. — Pour annoncer, dire, seulement dire, ma mort prochaine et irrémédiable, l'annoncer moi-même, en être l'unique messager, Prologue, Ce prologue donne des clés de compréhension de toute la pièce, notamment parce qu’il révèle la dimension symbolique du personnage de Louis. Pour bien en comprendre tous les tenants et aboutissants, je développe cette analyse dans une vidéo d’explication linéaire, spécialement sur le prologue. Et si le théâtre était lui-même un personnage en crise, un personnage sur le point de mourir ? C’est ce que suggère Lagarce lui-même Il s’agit de refuser la convention et de fait, l’utilisation du théâtre comme simple divertissement [...]. Il s’agit [...] que le théâtre aille à sa perte c’est là le seul théâtre possible. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Alors, Louis pourrait représenter symboliquement ce personnage tragique qui nous inspire aujourd’hui un mélange de fascination et de méfiance. C’est la supercherie qu’Antoine tente de démasquer ANTOINE. — Tu es pris à ce rôle — [...] que tu as toujours eu de tricher, de te protéger et de fuir. [...] C'est ta manière à toi, ton allure, le malheur sur le visage. Partie 2, scène 3, Et voilà pourquoi Antoine et Suzanne se méfient des histoires, de ceux qui énoncent bien le personnage de théâtre, par son pouvoir de séduction, par ce jeu qui dépasse les paroles, est un personnage dangereux. ANTOINE. — Je te vois assez bien, tu vas me raconter des histoires. [...] Tu sais bien faire, c'est une méthode, c'est juste une technique pour noyer et tuer les animaux. Partie 1, scène 11, D’une certaine manière, ce sont des avertissements au spectateur lui-même. Ce qui donne du poids aux paroles, au-delà des mots employés et des gestes, c’est la double énonciation, propre au théâtre chaque réplique est aussi, indirectement, adressée au spectateur. ANTOINE. — J’ai fini, je ne dirai plus rien. Seuls les imbéciles, ou ceux-là, saisis par la peur, auraient pu en rire. Partie 2, scène 3, Dans cet exemple, Antoine semble presque faire un signe à la salle en même temps qu’il répond à Louis. Ironiquement, il nous fait remarquer que nous sommes saisis de terreur et de pitié, nous sommes dupes de l’illusion tragique… À d’autres moments, les personnages eux-mêmes renforcent la présence des spectateurs sur scène. Par exemple, dans la scène finale, la Mère, Suzanne et Catherine, sont présentes mais ne disent rien LA MÈRE. — Nous ne bougeons presque plus, nous sommes toutes les trois, comme absentes, on les regarde, on se tait. Partie 2, scène 3, Et la pièce se termine, non pas vraiment par des paroles, mais par l’évocation d’un cri, qui n’a pas été poussé LOUIS. — Ce que je pense [...] c'est que je devrais pousser un grand et beau cri, [...] que c'est ce bonheur-là que je devrais m'offrir, hurler une bonne fois, mais je ne le fais pas, je ne l'ai pas fait. Épilogue, Cet Épilogue éclaire rétrospectivement la pièce, et nous aide à mieux comprendre le personnage de Louis. Je vous en propose une explication linéaire en vidéo, sur mon site. Ce cri qui n’a pas été poussé, nous laisse penser que les crises n’ont pas été résolues Louis va mourir avec son cri sur le cœur, et les autres membres de la famille vont certainement vivre avec cette culpabilité de n’avoir pas su l’écouter. Mais ce cri qui n’a pas été poussé, a bel et bien été entendu par les spectateurs, ce qui laisse penser que peut-être ces crises, grâce au théâtre, auront peut-être été résolues, en dehors du théâtre, quand ça ? Hé bien en ce moment même, lorsque nous débattons du sens de cette pièce, lorsque nous prenons conscience des cris que nous avons besoin de pousser, nous aussi, pour surmonter nos crises. Conclusion Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Ils servent d'excuse à des absences, ils sont remplacés par des gestes ou par une simple intonation. Au théâtre, la parole dépend d’un rôle. Et voilà pourquoi les différentes crises que rencontrent les personnages sont peut-être en définitive une manière d'interroger le théâtre lui-même… Et si l'ancien rôle de la tragédie, qui était de commenter et de juger les affaires de la cité, était utilisé aujourd'hui pour juger le théâtre lui-même, sa capacité à apaiser nos propres crises existentielles, individuelles et collectives ? [...] Soutenez le site et accédez au contenu complet. ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🎞️ Les enjeux de la parole diaporama ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🧠 Dissertation sur les enjeux de la parole ⇨ Lagarce, Juste la fin du Monde 🎧 Les enjeux de la parole dissertation-thématique
Résuméde Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Prologue Le thème de la pièce est annoncé dès le prologue. Louis, le personnage principal, y annonce sa mort de manière
Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posée par le parcours associé à savoir crise individuelle, crise familiale ». Ci-dessous, le sujet de dissertation entièrement traité. Sujet Peut-on dire que dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce la crise n’advient pas? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur des exemples précis de la pièce. IUne pièce de la crise Une crise personnelle titre ironique. Juste la fin du monde ». Le titre annonce avec une certaine prise de distance que le protagoniste est effet, la situation de Louis est désespérée. Il se sait atteint du SIDA et c’est précisément cette situation qui le pousse à vouloir retrouver les siens qu’il a quittés il y a plus d’une décennie. Une crise familiale AntoineSuzanneLa mère Une crise du langage Violence du langage d’Antoine et de Suzanne trahit une grande souffrance et une certaine difficulté à s’ajuster avec le départ de Louis, plus de 10 ans auparavant. IIUne crise individuelle contenue Les détours du langage Epanorthose Le style des pièces de Lagarce est très singuliers. En effet, les personnages ne cessent de se corriger, de reprendre leurs propres mots et de les répétition les personnages de Lagarce ne cessent de se répéter comme pris dans une boucle, une circularité. Catherine un langage contenu D’abord, Catherine est la seule qui n’a pas connu Louis avant son départ. Elle se montre chaleureuse avec lui et se propose de l’aider à combler les années d’absence. Elle lui apprend notamment qu’Antoine et elle ont eu un fils aîné qui porte le même prénom, Louis, que lui et que son père lorsque Louis tente de l’interroger sur Antoine, celle-ci se refuse à parler en son nom. L’impossibilité de se dire de Louis D’une part, Louis se dit longuement et intimement auprès de ses spectateurs. Ainsi, le prologue et l’épilogue de la pièce consistent en un monologue dans lequel, comme le veut le principe même du monologue théâtral, il partage ses sentiments, ses souvenirs auprès de ses part, Louis ne parvient pas à dire ce pourquoi il était venu retrouver les siens. En effet, les reproches de tous les membres de la famille ne lui laissent guère de place. De plus, nous comprenons que Louis est un personnage qui a du mal à s’exprimer avec les siens, Suzanne lui reproche d’ailleurs les cartes postales elliptiques qu’il leur a adressées pendant des années. IIILa crise du langage comme catalyseur dramaturgique Le langage comme sujet de la pièce Il ne se passe rien dans la pièce de effet, tout l’intérêt repose sur le discours entre les personnages, leur complexité, leur incommunication… Un impossible réconfort ou l’épilogue L’épilogue de la pièce est tout à fait Louis constate, selon une métaphore, qu’il a suivi le chemin le plus efficace, celui de la voie ferrée plutôt qu’un chemin dont les tours et les détours supposaient une perte de temps ce choix de la productivité ne paraît pas concluant. Ce souvenir évoqué par Louis est celui d’un échec du bonheur, du retour en famille, de la création artistique Quelle catharsis? D’abord, Louis est un personnage tragique. Il confie dans le prologue qu’il veut maîtriser cette annonce face à la comme tout héros tragique, il ne peut faire le poids face au destin, à la comme nous l’avons vu dans la partie précédente, tout réconfort semble exclu. La tragédie doit permettre de purifier les passions et cette catharsis est rendue périlleuse par l’absence de tout déblocage de la parole ou la mise en place de toute résolution. JUSTE LA FIN DU MONDE SUJET DE DISSERTATION Nous espérons que Juste la fin du monde dissertation vous a aidé dans votre réflexion. -Juste la fin du monde analyse –Explication linéaire du Prologue de Juste la fin du monde –Biographie et bibliographie de Jean-Luc Lagarce –Explication linéaire du monologue de Suzanne -Explication linéaire de l’épilogue Navigation des articles Pour s'améliorer en français
Justela fin du Monde & ses oeuvres complémentaires COMMENTAIRES LINÉAIRES Def : Soliloque : discours d'une personne qui se parle à elle-même ou qui pense tout haut Juste la fin du Monde_analyse du prologue, LECTURE_PAGES 22 À 23 Jean Luc Lagarce est l'un des dramaturges contemporains les plus joués en France. À la fois comédien, metteur en scène, MONOLOGUE SUZANNE JUSTE LA FIN DU MONDE. Dans la troisième scène de la première de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce écrite en 1991, Suzanne se livre à un monologue face à son frère Louis. Elle qui est plus jeune que ses frères emploie un discours très spontané. D’ailleurs, ce personnage de Suzanne semble très intéressant dès cette première prise de parole voir l’analyse des personnages. Elle apparaît également comme un personnage marqué à la fois par une crise personnelle et familiale. voir la dissertation sur cette question, ICI. Nous nous proposons d’effectuer l’explication linéaire du début de ce monologue de Suzanne ci-après. Problématique Comment ce monologue singulier trahit-il l’ambivalence des sentiments de Suzanne ? Texte du monologue Suzanne Juste la fin du mondepartie 1 scène 3 SUZANNE. – Lorsque tu es parti– je ne me souviens pas de toi –je ne savais pas que tu partais pour tant de temps‚ je n’ai pas fait attention‚je ne prenais pas garde‚et je me suis retrouvée sans t’oubliai assez petite‚ jeune‚ ce qu’on dit‚ j’étais petite. Ce n’est pas bien que tu sois parti‚parti si longtemps‚ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moiet ce n’est pas bien pour elleelle ne te le dira paset ce n’est pas bien encore‚ d’une certaine manière‚pour eux‚ Antoine et aussi– je ne crois pas que je me trompe –‚mais aussi ce ne doit pas‚ ça n’a pas dû‚ ce ne doit pas être bien pour toi non plus‚pour toi as dû‚ parfois‚même si tu ne l’avoues pas, jamais‚même si tu ne devais jamais l’avouer– et il s’agit bien d’aveu –tu as dû parfois‚ toi aussice que je distoi aussi‚tu as dû parfois avoir besoin de nous et regretter de ne pouvoir nous le dire. Juste la fin du monde, Jean-Luc Lagarce, 1991. première partie, scène 3 Premier mouvement jusqu’à j’étais petite » Suzanne, la plus jeune de la fratrie D’abord, comme souvent chez Lagarce, le spectateur est perdu face à un usage inattendu des temps verbaux. Ainsi, le passé composé de tu es parti », renvoie au passé alors que je ne me souviens pas » renvoie à l’instant présent avec le présent de l’indicatif. Ensuite, Suzanne insiste beaucoup sur le verbe partir » qui met en relief l’importance pour la famille et pour elle-même de ce plus, elle insiste sur le fait qu’elle n’a pas pris garde. Autrement dit elle avait seulement une dizaine d’années à l’époque, elle a donc un souvenir peu clair et elle n’a pas compris à ce moment-là ce qui se jouait dans le noyau peut-être pour culpabiliser Louis, elle emploie une hyperbole je me suis retrouvée sans rien ». Or, elle avait bien sa famille autour d’elle mais ce départ fut une ensuite une évocation de la mémoire perdue, je t’oubliais assez vite » qui semble faire écho à je ne me souviens pas de toi ».Enfin, un parallélisme de construction clôt ce premier mouvement j’étais petite ». Ainsi, sa différence d’âge avec ses frères explique le ressenti singulier qu’elle eut au moment du départ et qu’elle a au moment du retour de Louis. Deuxième mouvement le jugement de ce n’est pas bien » à Catherine ». D’abord, ce mouvement est marqué par un refrain ce n’est pas bien ». Or, cette tournure négative repose sur un jugement de insiste sur le verbe partir » par la répétition. Elle met ainsi en évidence l’importance de son départ et la durée de son Suzanne égraine chaque membre de la famille qui en a souffert, elle la première qui ose exprimer ses reproches directement à Louis alors qu’il reste elle », qui désigne la Mère. Par opposition, celle-ci ne verbalisera pas ses reproches vis-à-vis de son le pronom eux » désigne Antoine et sa femme ce second mouvement est constitué des griefs de Suzanne à l’encontre de son frère son départ à cette époque là et la durée de son absence. Troisième mouvement la compassion de Suzanne de mais » à la fin D’abord, l’emploi de la conjonction de coordination mais » montre un renversement. Après l’avoir accablé de reproches et lui avoir montré sa destruction du noyau familial, Suzanne se montre compréhensive vis-à-vis de l’épanorthose ce ne doit pas, ça n’a pas dû, ce ne doit pas être bien pour toi »montre que Suzanne se reprend et modifie les temps verbaux comme pour montrer que cette difficulté, fut et demeure difficile également pour outre, il faut noter la récurrence des tournures négatives. Ce départ est donc marqué par la négation du bien être individuel et collectif des membres de cette même, le parallélisme de construction même si tu ne l’avoues pas, jamais/ même si tu ne devais jamais l’avouer » met en évidence la difficulté de Louis à parler. Toutefois, cette répétition du verbe avouer » est également reprise sous la forme nominale avec le terme aveu ». Suzanne laisse à penser que Louis est connu pour ne pas reconnaître ses la formule tu as dû parfois toi aussi » met en évidence cette hypothèse que Louis aussi a souffert de cette distance avec sa Suzanne termine une fois encore par la modalité tu as dû parfois », mettant en évidence l’isolement et la solitude dans laquelle il a pu se trouver parce qu’il était loin des siens. Conclusion de l’explication linéaire du monologue de Suzanne Finalement, Suzanne était jeune lorsque Louis a quitté la famille. Si elle est enthousiasmée par son retour, elle se montre très critique à son égard et lui fait d’abord des reproches. Puis, elle se montre plus compatissante et admet qu’il a dû souffrir de la situation. Nous espérons que ce commentaire linéaire a pu t’aider dans ton travail. N’hésite pas à poster des questions ou remarques dans les commentaires, juste en dessous. D’autres fiches peuvent compléter ton travail et t’intéresser –Analyse de Juste la fin du monde –Dissertation Juste la fin du monde et la crise –Explication linéaire du prologue de Juste la fin du monde -Explication linéaire de l’épilogue de Juste la fin du monde –Biographie de Jean-Luc Lagarce Navigation des articles 1805/22 Français Juste fin monde JEAN-LUC LAGARCE Fiche d'identité TITRE: Juste la fin du monde AUTEUR: Jean-Luc Lagarce DATE: 1990 MOUVEMENT LITTERAIRE: aucun mais influence de l'absurde GENRE LITTÉRAIRE, theatre PARCOUS ASSOCIE: Grise personnelle, crise familiale. Résumé PERSONNAGES: Louis (34 ans), protagoniste / Antoine (32 ans), Commentaire linéaire Partie 1 scène 1 de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Introduction Dans Le Pays Lointain, la dernière pièce que Jean-Luc Lagarce écrit avant sa mort, on retrouve le personnage de Louis, cette fois entouré par des figures du passé, comme l'ami de longue date… LONGUE DATE. — Revenir après tant d'années, retrouver ceux-là qui firent ta vie, qui furent ta vie et espérer reprendre la conversation là où tu l'avais abandonnée — où est-ce que nous en étions, déjà — ce ne sera guère possible. Tu le sais. Et comme le dit ce personnage, comment Louis pourrait-il reprendre une conversation normale avec les siens, après une si longue absence ? Or, c'est précisément là que commence notre pièce, Juste la fin du monde, et c'est tout l'enjeu de notre passage. Cette scène d'exposition est d’abord un mélange de présentations et de retrouvailles, notamment parce que Louis n'a jamais rencontré Catherine, sa belle-sœur. Mais ce sont aussi des présentations pour le public, qui devine dans ces conventions, des liens distendus par le poids de l'absence et des non-dits. Dans ces retrouvailles, tout est sensible, sujet à interprétation, les gestes sont des messages, et inversement, les mots peuvent blesser. Louis pourra-t-il annoncer ce qui l'amène ? Des indices semblent dire qu'il est probablement déjà trop tard... Comment cette scène d'exposition nous montre-t-elle que les liens entre les personnages sont peut-être déjà irrémédiablement affectés par le poids de l'absence ? Je vais annoncer les mouvements au fur et à mesure de l'analyse, et citer le texte très clairement, pour que vous puissiez bien suivre. Pour retrouver tous mes documents et toutes mes vidéos sur cette œuvre, rendez-vous sur mon site www . mediaclasse . fr Premier mouvement v. 1 à 17 Le temps des présentations Ce premier mouvement, on pourrait l'appeler le temps des présentations » parce qu'on entre dans la pièce, non pas in medias res au milieu de l'action mais logiquement par des présentations qui nous informent sur ces personnages qui se rencontrent ou qui se retrouvent, comme un nouveau départ SUZANNE. — C’est Catherine. Elle est Catherine. Catherine, c’est Louis. Voilà Louis. Catherine. Et pourtant l'importance que prennent ces présentations révèle bien déjà le poids du passé Catherine représente l'élément nouveau dans la famille… Va-t-elle modifier les équilibres ? On peut en douter quand on voit le chiasme la structure en miroir qui représente plutôt une boucle ou un piège, c'est mauvais signe… Catherine », le nom propre, sera aussi le dernier mot de la première partie, comme si tout l'enjeu de la première moitié de la pièce, c'était justement d'éliminer cet espoir qu'une nouvelle personne puisse modifier les équilibres du passé. CATHERINE. — Moi, je ne compte pas et je ne rapporterai rien, je suis ainsi [...] ce n’est pas mon rôle. Mais pour l'instant, tous les espoirs sont permis, ce qui explique l'excitation de Suzanne ses vers sont très courts, ils reviennent sans cesse à la ligne. Chez Lagarce, les vers libres remplacent avantageusement les didascalies… Symboliquement, c'est l'excitation des retrouvailles, et donc, le poids de l'absence passée, qui découpe ces vers et guide le ton de Suzanne, aussi sûrement qu'un metteur en scène. Antoine commente d'ailleurs tout de suite l'agitation de sa petite sœur ANTOINE. — Suzanne, s’il te plaît, tu le laisses avancer, laisse- le avancer. CATHERINE. — Elle est contente. ANTOINE. — On dirait un épagneul. On comprend que Louis ne peut pas avancer vers Catherine parce qu'il est bloqué par Suzanne qui se trouve entre les deux. Symboliquement, il est bloqué par le passé, il ne peut pas avancer, c'est-à-dire, aller vers une résolution de l'intrigue. Souvent dans le théâtre de l'absurde, on retrouve ce détournement du schéma narratif est-ce qu'on est au début, au moment où l'intrigue se noue, ou bien est-ce qu'on est déjà après la fin ? L'expression d'Antoine est amusante et révélatrice On dirait un épagneul ». L'épagneul, c'est un chien de chasse est-ce qu'il saute autour d'une proie qu'il a trouvée, ou bien, est-ce qu'il fait la fête à son maître ? Cela révèle bien l'ambivalence de Louis. Et indirectement pour nous, le public, c'est aussi révélateur du personnage d'Antoine, qui compare sa sœur à un petit chien il n'est pas très aimable, il n'hésite pas à utiliser l'impératif. On devine que contrairement aux autres, il ne se plie pas si facilement aux conventions de politesse. C'est alors la mère qui prend la parole, mais de manière paradoxale, écoutez LA MÈRE. — Ne me dis pas ça, ce que je viens d’entendre, c’est vrai, j’oubliais, ne me dites pas ça, ils ne se connaissent pas. Louis, tu ne connais pas Catherine ? Tu ne dis pas ça, vous ne vous connaissez pas, jamais rencontrés, jamais ? ANTOINE. — Comment veux-tu ? Tu le sais très bien. LOUIS. — Je suis très content. CATHERINE. — Oui, moi aussi, bien sûr, moi aussi. Catherine. Quand on sait ce que Louis veut annoncer, cette intervention Ne me dis pas ça » avec l'impératif et la négation, semble déjà annoncer l'échec final. Dans une tragédie, on dirait que c'est un effet d'ironie tragique, une allusion au destin que les personnages eux-mêmes ignorent... La réplique de la mère est d'autant plus étrange qu'elle ne répond pas du tout à Antoine ça, ce que je viens d'entendre » renvoie en fait à un sous-entendu qui n'est formulé qu'après ils ne se connaissent pas ». C'est une cataphore le pronom renvoie à un élément qui ne vient que plus tard… On est au plus proche du non-dit, le reproche adressé à celui qui est parti. La forme interrogative aussi donne du poids à cette réplique Louis, tu ne connais pas Catherine ? Tu ne dis pas ça, vous ne vous connaissez pas, jamais rencontrés, jamais ? » c'est une question rhétorique, dont la réponse est implicite non, ils ne se connaissent pas. Elle n'est pas prononcée, mais elle résonne dans l'esprit de tout le monde. Ce reproche caché est d'ailleurs toujours présent dans la réplique d'Antoine, mais sous la forme d'un pronom Tu le sais très bien » qu'on pourrait restituer comme ça tu sais très bien que Louis a été absent pendant toutes ces années ». Il insiste d'ailleurs sur ce non-dit avec l'adverbe intensif très ». Dernière chose frappante dans ce passage tout le monde intervient, Suzanne, Catherine, Antoine, la Mère. Mais Louis ne prend la parole qu'en dernier, avec une réplique courte, très conventionnelle LOUIS. — Je suis très content. CATHERINE. — Oui, moi aussi, bien sûr, moi aussi. mouvement v. 18 à 31 Le sens caché des convenances Ce mouvement, on pourrait l'appeler le sens caché des convenances » parce que Suzanne commente le cérémonial qui se déroule sous nos yeux…Un peu comme une spectatrice qui serait montée sur scène pour jouer les metteuse en scène et corriger les actions des personnages. SUZANNE. — Tu lui serres la main ? LOUIS. — Louis. Suzanne l’a dit, elle vient de le dire. SUZANNE. — Tu lui serres la main, il lui serre la main. Tu ne vas tout de même pas lui serrer la main ? Ils ne vont pas se serrer la main, on dirait des étrangers. Il ne change pas, je le voyais tout à fait ainsi, tu ne changes pas, il ne change pas, comme ça que je l’imagine, il ne change pas, Louis, et avec elle, Catherine, elle, tu te trouveras, vous vous trouverez sans problème, elle est la même, vous allez vous trouver. Ne lui serre pas la main, embrasse-la. Catherine. C'est là qu'on voit à quel point les actes ont une valeur de message. Tu lui serres la main … il lui serre la main … ils ne vont pas se serrer la main … ne lui serre pas la main »… le verbe serrer la main » est ainsi répété 5 fois. C’est si important aux yeux de Suzanne, parce que, par ce geste conventionnel, Louis confirme ce que dit la mère il leur est devenu plus étranger même que Catherine qui fait maintenant partie de la famille. Avec la question rhétorique, les négations, l'impératif, Suzanne reprend et amplifie les éléments de discours de sa mère cette surprise très théâtrale, pratiquement surjouée par deux personnages révèle bien que quelque chose d'anormal se trame sous la simple conversation. C'est d'ailleurs un procédé courant chez Molière, notamment dans les scènes d'exposition la surprise permet de dénoncer un comportement excessif. Et si c'était ici le retour du Misanthrope ? qui s'était jadis isolé du monde ? Si on en revient à Louis, il se présente de manière très conventionnelle. Avec le prénom isolé sur une seule ligne, il ne révèle rien de lui-même, il ne réagit pas au discours de sa mère, il se contente de répéter comme un écho ce que vient de dire sa sœur. LOUIS. — Louis. Suzanne l’a dit, elle vient de le dire. Louis », c'est en plus un homophone avec le sens de l'ouïe ils se prononcent pareil. C'est certainement révélateur peut-être que ce personnage est fait, non pas pour parler, mais pour écouter. Il porterait dans son prénom la fatalité de son silence. La distance de Louis avec les autres membres de la famille est palpable, notamment dans l'utilisation des pronoms le il » laisse place au tu » qui redevient aussitôt un il ». Il ne change pas, je le voyais tout à fait ainsi, tu ne changes pas, il ne change pas, comme ça que je l’imagine, il ne change pas, Louis, C’est la fameuse figure de l’épanorthose, très présente chez Lagarce les personnages reformulent sans cesse leurs propos. On dirait même que dans la dernière phrase, Louis est devenu lui » il ne change pas, lui » comme une troisième personne incarnée, distante, à laquelle on ne s'adresse pas directement. Les temps employés vont dans le même sens d'abord l'imparfait, pour des habitudes du passé je le voyais ainsi » L'absence s'est inscrite dans la durée… Au contraire, le verbe imaginer » au présent d'énonciation comme ça que je l'imagine » semble dire que, au moment où elle parle, il est absent, ou du moins, inconnaissable. Et enfin, peut-être le plus cruel de tous, le présent de vérité générale pour une action vraie en tout temps qui prédit le silence final il ne change pas, Louis ». Reste Catherine, mais déjà un indice nous laisse un doute et avec elle, Catherine, elle, tu te trouveras, vous vous trouverez sans problème, elle est la même, vous allez vous trouver. Elle est la même » est-ce que ça ne veut pas dire qu'elle a les mêmes difficultés à communiquer que Louis ? On devine déjà qu'elle n'est pas la mieux placée pour rétablir les liens qui ont été rompus dans le passé. Troisième mouvement v. 32 à 43 Des liens irréparables ? Ce troisième mouvement, on pourrait l'appeler des liens irréparables » parce que tout vient confirmer la distance qui sépare chacun des personnages. Antoine le dit tout de suite Suzanne, ils se voient pour la première fois » ce qui déclenche des réactions en chaîne, écoutez ANTOINE. — Suzanne, ils se voient pour la première fois ! LOUIS. — Je vous embrasse, elle a raison, pardon, je suis très heureux, vous permettez ? SUZANNE. — Tu vois ce que je disais, il faut leur dire. LA MÈRE. — En même temps, qui est-ce qui m’a mis une idée pareille en tête, dans la tête ? Je le savais. Mais je suis ainsi, jamais je n’aurais pu imaginer qu’ils ne se connaissent, que vous ne vous connaissiez pas, que la femme de mon autre fils ne connaisse pas mon fils, cela, je ne l’aurais pas imaginé, cru pensable. Vous vivez d’une drôle de manière. Qui adresse la parole à qui dans notre passage ? Antoine répond à sa femme — Elle est contente. — On dirait un épagneul ». Il s'adresse aussi plusieurs fois à sa sœur Suzanne, s’il te plaît … Suzanne, ils se voient pour la première fois ! ». Et il s'adresse aussi à sa mère tu le sais très bien ». Mais ce qui est frappant, c’est qu’il n'y a aucun échange entre les deux frères. Mais même le lien entre les autres personnages est remis en question d’une manière ou d’une autre. Suzanne veut étrangement donner à voir à Antoine, ce qu’elle dit tu vois ce que je disais » comme si sa parole était invisible, enfermée depuis longtemps dans son rôle de quantité négligeable. D’ailleurs la mère n’est certainement pas étrangère à cela. je suis ainsi … je n’aurais pu imaginer » elle se voit comme quelqu’un qui ne peut pas concevoir ce qui sort de sa normalité. Pour elle, il y a son fils Louis et son autre fils » Antoine. On devine déjà ce qu’on constatera plus tard, sa tendance à mettre des étiquettes définitives sur chacun Antoine brutal, Suzanne négligeable, Louis fait ce qu'il a à faire, etc. Or justement Suzanne essaye de jouer les metteuses en scène pour que tout se déroule selon une certaine image de la normalité… Mais alors, toute la situation devient artificielle les liens qui devraient exister ne sont plus que des liens joués. LOUIS. — Je vous embrasse, elle a raison, pardon, je suis très heureux, vous permettez ? On reconnaît la figure de l’épanorthose, mais cette fois-ci, dans les gestes le geste de serrer la main est remplacé par l’embrassade. Mais on ne peut pas totalement gommer le geste spontané, quoi qu’on fasse, il laisse une trace. Voire même, il devient le message le plus important, qui prend le pas sur tous les autres ! Et en effet le verbe connaître » est repris trois fois à la forme négative, dans une longue épanorthose jamais je n’aurais pu imaginer qu’ils ne se connaissent, que vous ne vous connaissiez pas, que la femme de mon autre fils ne connaisse pas mon fils, cela, je ne l’aurais pas imaginé, cru pensable. Vous vivez d’une drôle de manière. Le fait que Louis soit en quelque sorte considéré comme un étranger, est ensuite repris coup sur coup par des pronoms cela, je ne l'aurais pas imaginé ». Un peu comme si elle retournait le couteau dans la plaie. C’est l’idée qu’elle a en tête, dans la tête » et que Lagarce a mis symboliquement en-tête de sa pièce, au cœur de ce premier échange entre les personnages. Par ses paroles, la mère fait aussi le geste de s’isoler symboliquement des autres, avec ce vous » vous vivez d'une drôle de manière » qui englobe tous les autres. Elle ne fait pas de reproche à Louis en particulier, mais à tous, en même temps. Alors qu'au début, on ne voit que la distance entre Catherine et Louis, on réalise au fur et à mesure que ce sont tous des étrangers les uns pour les autres… La dernière phrase du passage est à mon avis la plus cruelle vous vivez d’une drôle de manière ». L’adjectif Drôle » renvoie naturellement à la comédie et au comique, mais il est utilisé ici de manière grinçante, ironique il laisse entendre l’inverse de ce qu’il dit. L’action de vivre est lui-même remise en cause, un peu comme si l’absence de Louis, et le péril des liens familiaux les avait tous déjà fait entrer dans une mort symbolique. Conclusion Merci à Nicolas Auffray dont les analyses ont contribué à cette explication linéaire. Dans cette première scène, les présentations font aussi office d’exposition le spectateur en apprend plus sur les personnages et sur l’intrigue. Mais tout passe sous le discours, dans les gestes, les sous-entendus, les réactions surjouées et les effets d’ironie. Dès le début de la pièce, Lagarce nous fait ressentir le poids du passé et des non-dits, et nous laisse même déjà entendre que peut-être, le silence final est inéluctable. Ces gestes imperceptibles, ces signes presque subliminaux qui révèlent les failles de la communication, on pourrait les rapprocher de ce que Nathalie Sarraute appelle les tropismes, et qu’elle met notamment en scène notamment dans sa pièce Pour un oui pour un non… — Des mots ? Entre nous ? Ne me dis pas qu’on a eu des mots… ce n’est pas possible… et je m’en serais souvenu… — Non, pas des mots comme ça… d’autres mots… pas ceux dont on dit qu’on les a eus»… Des mots qu’on n’a pas eus», justement… Nathalie Sarraute, Pour un oui pour un non, 1981.[...] Soutenez le site et accédez au contenu complet. ⇨ Outil support pour réaliser un commentaire composé. ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🃏 Partie 1 scène 1 axes de lecture ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde - Partie 1 scène 1 texte ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🔎 Partie 1 scène 1 explication linéaire au format PDF ⇨ Lagarce, Juste la Fin du Monde 🎧 Partie 1 scène 1 Explication linéaire en podcast
Anoter : les 5 oeuvres de l'ancien programme seront supprimées fin août 2022 : Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves; Sarraute, Enfance; Stendhal, Le Rouge et le Noir; Verne, Voyage au centre de la Terre; Yourcenar, Mémoires d’Hadrien; Continuer. Menu. Abbé Prévost, Manon Lescaut. Plan d'ensemble des ressources ; Exploitation de l'œuvre intégrale; Parcours
Lanalyse du tragique dans la pièce Juste la fin du monde : incompréhension, vacuité et absence Incompréhension, vacuité et absence sont les maîtres mots pour
Piècede théâtre publiée en 1990 par le dramaturge JJL, mort 5 ans plus tard, Juste la fin du monde évoque, entre autres, des thèmes forts comme la solitude, l'incommunicabilité et la difficulté de retranscrire par les mots ce que nous avons sur le coeur. → Situé au début de la scène 6, première partie, l'extrait étudié montre
Largument de la pièce est très simple : Louis a 34 ans, il rend visite à sa famille (qu'il a quittée depuis plusieurs années) pour annoncer sa mort prochaine. - Présentation du texte : Cet extrait de la pièce de théâtre Juste la fin du monde est un
Audébut, nous présentons Juste la fin du monde en donnant un résumé des événements qui se passent dans la pièce, et en parlant aussi de sa structure et de ses personnages. Ensuite, nous faisons le cadre de notre approche selon la théorie d’analyse intertextuelle de Gérard Genette 1,
.