Pour ma part, je pense leur demander, dans un premier temps, de lire la pièce et je leur montrerai la mise en scène de Berreur la semaine suivante. Une mise en scène ets une interprétation et j'aimerais qu'ils se fassent la leur, que nous puissions en discuter avant que ne leur soit imposé un la pièce de Lagarde, mais avez-vous apprécié la mise en scène de Berreur ? Vraiment ? Suis-je vraiment la seule ? ChlidéNiveau 9En fait, les élèves n’avaient pas lu la pièce, je leur ai proposé une heure de travail autour de la lecture seule du prologue, quelques uns ont lu à haute voix et ensuite nous avons commenté les lectures et ainsi sommes entrés dans l’étude du texte. A l’issue de l’analyse seulement je leur ai proposé plusieurs mises en scènes. Mais comme toi Mehitabel, celle de Berreur... je n’accroche pas du tout! Mais j’essaierai de regarder la pièce entière avec le lien donne plus haut. Je n’ai vu que le prologue jusque là. Je n’avais pas aimé l’adaptation de Dolan avant d’avoir bien étudié la pièce avec les élèves. Je l’ai revu récemment et ai finalement beaucoup apprécié et mieux compris les choix Chlidé a écritEn fait, les élèves n’avaient pas lu la pièce, je leur ai proposé une heure de travail autour de la lecture seule du prologue, quelques uns ont lu à haute voix et ensuite nous avons commenté les lectures et ainsi sommes entrés dans l’étude du texte. A l’issue de l’analyse seulement je leur ai proposé plusieurs mises en scènes. Mais comme toi Mehitabel, celle de Berreur... je n’accroche pas du tout! Mais j’essaierai de regarder la pièce entière avec le lien donne plus haut. Je n’ai vu que le prologue jusque là. Je n’avais pas aimé l’adaptation de Dolan avant d’avoir bien étudié la pièce avec les élèves. Je l’ai revu récemment et ai finalement beaucoup apprécié et mieux compris les choix engagés. Il faudrait que je regarde à nouveau Dolan d'après ce que tu me dis, j'apprécierais peut-être davantage. Je suis très très gênée par l'âge des acteurs dans la pièce de Berreur, et l'acteur qui joue Louis ChlidéNiveau 9Pour le film, j’ai regardé 20 minutes, ai été choquée par la vulgarité exacerbée d’Antoine et l’allure outrancière de la mère, puis cette espèce de ralenti entre Louis et Catherine que j’ai cru être un coup de foudre. J’ai coupé. Finalement j’ai discuté avec un collègue qui a la certification de cinéma et qui m’a expliqué la cinématographie de Dolan et l’importance du rôle de la mère. Et vraiment j’ai quand même apprécié, et trouvé puissants certains personnages et très interessantes certaines scènes. Mais il m’a fallu ce temps nécessaire d’appropriation de la pièce que je ne connaissais pas avant de l’étudier cette 1 Mehitabel a écritJe suis très très gênée par l'âge des acteurs dans la pièce de Berreur, et l'acteur qui joue Louis En fait cette mise-en-scène répond à un des questionnements de la pièce, à de très nombreuses reprises il est question de jouer un jeu, mentir, de même la fameuse didascalie liminaire "l'année entière", ainsi il est tout à fait possible de comprendre cette pièce comme une représentation imaginaire de Louis, un Louis qui n'a peut-être pas 34 ans mais bien plus. La majorité des échanges entre Louis et un membre de sa famille est construite de façon à ce que son interlocuteur imagine ce qu'il est, comment il agit exemple Suzanne "je ne t'imaginais pas comme ça/ comme ça que je t'imaginais" ou la fameuse scène de Louis au café par Antoine, ne serait-ce pas alors un moyen de gagner pour Louis que d'imaginer tout cela ? De prendre sa revanche sans avoir à les "tuer un par un" dans le deuxième ou troisième monologue je ne sais plus. Berreur connaissant très bien Lagarce, cette mise-en-scène témoigne d'une lecture certes spécifique mais très intéressante de la pièce. sinanNiveau 8Une idée de sujet de dissertation ?LDRNiveau 5 sinan a écritUne idée de sujet de dissertation ? Avec un petit café, aussi? gregforeverExpert spécialiséDans l'édition reçue j'ai trouvéLes non-dits et les secrets familiaux constituent-ils des moteurs efficaces de l'action dramatique?"Dire/seulement dire" affirme Louis dans le prologue de Juste la fin du monde. En quoi la parole l'usage qu'on fait du langage sont -ils un puissant ressort dramatique dans les pièces qui ont pour thème la famille?sinanNiveau 8 LDR a écrit sinan a écritUne idée de sujet de dissertation ? Avec un petit café, aussi? Merci pour l'offre !J'aime bien ce parcours, mais je trouve qu'il n'est pas facile de trouver un sujet de dissertation. Les deux sujets dans l'édition Étonnants classiques ne m'inspirent pas trop...RellNiveau 6Je suis un peu gêné par le fait que la collection Etonnants Classiques qualifie la scène 3 de la 1ère partie de "monologue" de Suzanne. Pour moi, ce n'est pas un monologue. Certes, elle est seule à parler, mais elle s'adresse à Louis, présent sur scène et présent aussi dans le texte puisque l'on sait qu'il rit quand Suzanne parle de son "don" "tu ris". Selon le Dictionnaire du littéraire, "Il y a monologue lorsqu'une personne ou un personnage parle à voix haute et pour soi-même". Ce n'est pas le cas ici. Qu'en pensez-vous ?_________________Classes 2020-2021 deux classes de 1ère générale + HLP 1ère"Le temps était encore ténébreux et sentant l'infélicité et calamité des Goths, qui avaient mis à destruction toute bonne littérature ; mais, par la bonté divine, la lumière et dignité a esté de mon âge rendue ès lettres [...] Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées, grecque, sans laquelle c'est honte que une personne se die savant, Hébraïque, Chaldaïque, Latine "[...]François Rabelais, Les Horribles et Épouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel, chap. 8, 1Fais soliloquer Suzanne et le problème est réglé ! LDRNiveau 5Mouais... Je crois pas que le problème soit réglé. Monologue et soliloque supposent la même chose en termes de personnages présents sur scène seul celui qui parle, mais diffèrent quant à la destination multiple, pour le monologue, sans destination autre qu'à soi-même, pas même le public, pour le soliloque, d'après Ubersfeld qui considère même qu'en réalité il n'existe que peu de soliloques au théâtre. J'ai repris la terminologie d'Ubersfeld qui théorise la notion de quasi-monologue quant au théâtre contemporain "le théâtre contemporain ne se contente pas de se servir du monologue, il le réinsère à l'intérieur même du dialogue" comme le suggère Eric Duchâtel dans son dossier pédagogique CNDP sur Lagarce pour la spécialité théâtre. Le quasi-monologue suppose une parole unique, qui efface complètement l'autre voire supprime toute possible communication avec lui, mais rend fragile cette parole d'apparence solitaire du fait même de la présence d'un autre ou de plusieurs autres personnages. Le quasi-monologue entend comme une volonté de disparaître par la parole, chez les personnages de Lagarce - tous sont submergés, tant ceux qui parlent, que ceux qui écoutent et/ou cherchent à DarkNiveau 1Je réponds un peu tard mais personnellement je conseillerais la mise en scène de M. Raskine à la Comédie-Française en 2008, bon contrepoint à celle de F. Berreur. Les analyses comparatives des deux mises en scène sont 6 LDR a écritMouais... Je crois pas que le problème soit réglé. Monologue et soliloque supposent la même chose en termes de personnages présents sur scène seul celui qui parle, mais diffèrent quant à la destination multiple, pour le monologue, sans destination autre qu'à soi-même, pas même le public, pour le soliloque, d'après Ubersfeld qui considère même qu'en réalité il n'existe que peu de soliloques au théâtre. J'ai repris la terminologie d'Ubersfeld qui théorise la notion de quasi-monologue quant au théâtre contemporain "le théâtre contemporain ne se contente pas de se servir du monologue, il le réinsère à l'intérieur même du dialogue" comme le suggère Eric Duchâtel dans son dossier pédagogique CNDP sur Lagarce pour la spécialité théâtre. Le quasi-monologue suppose une parole unique, qui efface complètement l'autre voire supprime toute possible communication avec lui, mais rend fragile cette parole d'apparence solitaire du fait même de la présence d'un autre ou de plusieurs autres personnages. Le quasi-monologue entend comme une volonté de disparaître par la parole, chez les personnages de Lagarce - tous sont submergés, tant ceux qui parlent, que ceux qui écoutent et/ou cherchent à parler. J'avais vu ça aussi, mais, pour moi Louis est très présent dans cet échange il est l'objet et le destinataire de la parole de Suzanne, qui rend compte de son attitude avec la didascalie interne "tu ris". Elle ne lui laisse pas la possibilité de s'exprimer mais ne l'efface pas complètement non 2020-2021 deux classes de 1ère générale + HLP 1ère"Le temps était encore ténébreux et sentant l'infélicité et calamité des Goths, qui avaient mis à destruction toute bonne littérature ; mais, par la bonté divine, la lumière et dignité a esté de mon âge rendue ès lettres [...] Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées, grecque, sans laquelle c'est honte que une personne se die savant, Hébraïque, Chaldaïque, Latine "[...]François Rabelais, Les Horribles et Épouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel, chap. 8, 5Justement, ça rend le soliloque obsolète, puisqu'Ubersfeld considère qu'il y a soliloque lorsque la parole n'est destinée qu'à soi, pas même au public. Du point de vue du dispositif scénique, il n'y a pas que Suzanne, donc ça élimine le monologue. On parle parfois de monologue quand le personnage se croit seul sur scène, ce qui n'est ici pas le cas contrairement à Intermède, scène 3. Ne restent que la tirade, ou le quasi-monologue. Je trouve que le deuxième contient une connotation stylistique qui sous-entend la volonté d'effacer l'autre - mais peut-être pas l'actualisation de cet effacement. Tout est là, chez Lagarce, et notamment dans la parole rare voire absente de Louis Louis demeure présent, se tait-il par faiblesse dans le rapport de force, ou par volonté, comme le laisse penser le Prologue où il se définit comme "l'unique messager", donc maître de sa parole?0massilia0Niveau 6Bonjour, que pensez-vous du sujet sur Lagarce tombé aujourd'hui ? Diriez vous que Juste la fin du monde est un drame intime ?Je le trouve assez dur, et vous ? Rien ne me vient sur une antithèse possible... DorineNiveau 9C'est en lien avec le parcours crise personnelle, crise familiale. Je ne le trouve pas particulièrement édition par Dorine le Jeu 17 Juin 2021 - 1710, édité 1 foisSimonellaNiveau 7Dans les textes officiels, ils disent bien que le plan dialectique n'est plus exigé, qu'on accepte une grande souplesse dans le plan 6Du coup, vous auriez des pistes à proposer ? Je veux bien ne pas faire de plan dialectique mais la question engageait tout de même une discussion non ? Surtout avec le alors, oui je le dirais pour telle et telle raison ? SimonellaNiveau 7Quoi qu'il en soit, tu as raison, quel que soit le plan adopté, il faut nuancer, intime et drame familial, la parole qui permettrait de dépasser ces crises devient 6ok, pour moi, ce qui relève de la famille est aussi de l'ordre de l'intime, d'où mon questionnement. Du coup si on considère que "intime" renvoie à la crise personnelle, ça parait plus simple, mais il ne faut pas trop approfondir le sens des mots je trouve. Et parler de la parole, oui de toutes façons. Mercicannelle21VénérableBonjour à tous,Je commence à être en retard avec mes STMG. J'aimerais faire avec eux un commentaire d'un texte de théâtre avant les vacances. J'aimerais qu'il soit plutôt en lien avec le parcours, même si je sais que ce n'est pas obligatoire. Est-ce que quelqu'un aurait un sujet et un corrigé ? Je sais que j'abuse mais j'ai été malade et suis complètement à la y a des gens si bêtes que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de spécialiséLe passage d'Antigone avec la tirade Créon ça rentre dans le parcours et comme le passage a été donné au bac il y a des corrigés gregforever a écritLe passage d'Antigone avec la tirade Créon ça rentre dans le parcours et comme le passage a été donné au bac il y a des corrigés partout. Mais oui !!! Super. Tu sauves mon cerveau en y a des gens si bêtes que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de 9 cannelle21 a écritBonjour à tous,Je commence à être en retard avec mes STMG. J'aimerais faire avec eux un commentaire d'un texte de théâtre avant les vacances. J'aimerais qu'il soit plutôt en lien avec le parcours, même si je sais que ce n'est pas obligatoire. Est-ce que quelqu'un aurait un sujet et un corrigé ? Je sais que j'abuse mais j'ai été malade et suis complètement à la ramasse. Tu as aussi Les Mouches, de Sartre, le monologue d'Electre pendant qu'Oreste tue leur similairesJuste la fin du monde Lagarce / Dolan[Programme 1re] Juste la fin du monde Lagarce - Mise en scène CF disparue ! HELP[Lettres lycée] Lecture cursive en parallèle à Juste la fin du monde [Lettres lycée] Parcours et OI ou parcours avec OIParcours éducatifs le "parcours d'excellence"Sauter versPermission de ce forumVous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Introduction Juste la fin du monde est une pièce de théâtre contemporaine de Jean-Luc Lagarce, qu’il a terminée en 1990 et qu’il n’a pas pu mettre en scène de son vivant. Elle le sera 4 ans après sa mort, en 1999. Elle aborde le thème du retour et celui de la famille et met en scène un conflit familial où la parole joue un rôle central.
Les crises dépassent-elles la parole dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce ? Introduction Le théâtre classique nous avait habitués à des répliques ciselées, des arguments déjà longuement mûris, une pensée qui se conçoit bien et s’énonce clairement, des alexandrins équilibrés… Et voilà qu’on découvre chez Jean-Luc Lagarce des vers libres très longs ou très courts, des personnages qui hésitent, qui se reprennent et se corrigent sans cesse Je suis fasciné par la manière dont, dans la vie, les conversations, les gens — et moi en particulier — essaient de préciser leur pensée à travers mille tâtonnements… Au-delà du raisonnable. Jean-Luc Lagarce, Entretien pour Lucien Attoun, Vivre le théâtre et sa vie », 16 juin 1995. Ces tâtonnements, c’est la fameuse figure de l’épanorthose reformuler pour mieux dire. Mais Lagarce précise bien “au-delà du raisonnable”, comme s’il ne s’agissait pas tant de mieux dire, que d’insister sur une parole insuffisante, des doutes, des silences, qui dépassent la parole elle-même, pour révéler des crises. Dans quelle mesure la parole permet-elle d’exprimer les crises qui hantent cette pièce de Jean-Luc Lagarce ? > Pour vous aider à suivre le raisonnement étape par étape, je vais annoncer mes grandes parties au fur et à mesure… > Et pour retrouver toutes mes vidéos et documents sur cette œuvre, rendez-vous sur mon site www . mediaclasse . fr Première partie Les mots des crises D’abord, les crises passent à travers des mot précis, choisis avec soin. On recherche celui qui sera le mieux adapté à la situation. Quand Antoine reproche à sa femme d’ennuyer son frère en parlant de ses enfants, Louis répond Ce n’est pas méchant, c’est … déplaisant. Partie 1, scène 2, Et en effet, Antoine doit sans cesse se débattre avec les étiquettes et notamment les adjectifs qualificatifs qui lui collent à la peau déplaisant … brutal … désagréable » ANTOINE. — Je ne suis pas un homme brutal, ce n’est pas vrai, c’est vous qui imaginez cela, [...] je ne le suis pas et ne l’ai jamais été. Partie 2, scène 2, C’est d’ailleurs le cas de chaque personnage, qui sont tous bien plus complexes et ambivalents que ne le laissent entendre ces étiquettes. Pour creuser la question, j’analyse chaque personnage, dans une vidéo spéciale, sur mon site. Mais une étiquette plus fatale encore que l’adjectif qualificatif, c’est le nom propre… Comme l’explique Catherine, Louis » c’est avant tout le prénom de votre père ». D’une manière implicite, comme dans une dynastie, les responsabilités du père sont transmises au fils aîné. Le nom propre porte la fatalité du drame familial. Une autre chose qui donne du poids aux paroles la confidence. Quand le mot est adressé en privé, quand il n’est pas laissé, comme le dit Suzanne à tous les regards », il prend naturellement plus d’importance. Chaque membre de la famille aura quelque chose à dire à Louis, seul à seul. SUZANNE. — Nous éprouvons les uns et les autres, ici, tu le sais, [...] une certaine forme d'admiration, c'est le terme exact, une certaine forme d'admiration pour toi. Partie 1, scène 2, Que cache ce mot admiration » ? Est-ce que c’est vraiment le terme exact ? Est-ce que derrière, il n’y a pas le désir de faire la même chose, mais sans oser le faire, une certaine jalousie, une certaine amertume, et donc, une manifestation de la crise familiale ? Les mots de la mère jouent un rôle important dans la crise familiale. D’abord, ce sont les mots du passé le dimanche, on allait se promener » qui ne sont en fait que des reproches. LA MÈRE. — Ils ne voulurent plus venir avec nous, ils allaient chacun de leur côté faire de la bicyclette, chacun pour soi, et nous seulement avec Suzanne, cela ne valait plus la peine. ANTOINE. — C'est notre faute. SUZANNE — Ou la mienne. Partie 1, scène 4, Mais plus souvent encore, les mots de la mère sont associés au futur, un futur prophétique qui prépare les crises, qui les rend pratiquement inévitables LA MÈRE. — Ils veulent te parler, tout ça … ils voudront t’expliquer mais ils t’expliqueront mal … ils seront brutaux. Partie 1, scène 8, Exactement comme la Pythie antique, qui utilise des mots, mais sans réellement se rendre compte de leur réelle portée. Au point que la prophétie amène sa propre réalisation. Et enfin, même lorsque les personnages gardent le silence, c’est pour souligner le poids des mots. Antoine se tait pour donner l’exemple », Suzanne se dit proportionnellement silencieuse » comme pour conjurer le danger des mots. Les mots ont leur importance, mais on le voit déjà, ils ne sont jamais suffisants tout seuls nom propre, étiquette définitoire, confidence, prophétie, invitation au silence… Ils testent sans cesse les limites du langage. Deuxième partie Les crises au-delà des mots Les paroles cachent souvent une attitude, un geste, plus révélateurs que le mot lui-même. Comme si Lagarce confiait les didascalies aux personnages… Suzanne s’étonne quand Louis serre la main de Catherine, Antoine compare sa sœur à un épagneul, etc. Ces gestes qui ont un sens caché, aident à comprendre la première scène de la pièce je vous en propose une explication linéaire en vidéo, sur mon site. Les gestes semblent même jouer un rôle clé dans le destin fatal des personnages. Au moment du départ de Louis, La Mère lui caresse la joue, comme pour confirmer la réalisation de ses prophéties LOUIS. — Elle, elle me caresse une seule fois la joue, doucement, comme pour m'expliquer qu'elle me pardonne je ne sais quels crimes, et ces crimes que je ne me connais pas, je les regrette. Partie 2, scène 1, Quoi qu’il arrive, La Mère pardonne d’avance son fils avec cette expression il a toujours fait ce qu’il avait à faire »… Étrange tournure où le pronom relatif ce que » renvoie automatiquement, en dehors de la chaîne parlée, à n’importe quelle action. Logique tautologique qui se prouve elle-même, où les actes définissent les devoirs à l’avance. De façon plus subtile, le ton de la voix est plus évocateur que les mots eux-mêmes. Par exemple, pendant l’intermède, la dispute entre les deux frères a remis en cause tous les équilibres… pas besoin de savoir exactement son contenu CATHERINE. — Vous vous disputiez, [...] on entendait Antoine s'énerver et c'est maintenant comme si tout le monde était parti et que nous soyons perdus. Intermède, scène 5, Parfois même, il suffit de répéter des mots vides de sens, en changeant légèrement le ton, pour exprimer un désaccord, pour déclencher la crise LOUIS. — Oui, je veux bien, un peu de café, je veux bien. ANTOINE. — Je veux bien, un peu de café, je veux bien. » CATHERINE. — Antoine ! Partie 1, scène 9, C’est même le chant qui permet à Louis de s’avouer une chose grave — sa crainte excessive des liens affectifs LOUIS. — Je me le chantonne pour entendre juste le son de ma voix la pire des choses serait que je sois amoureux. Intermède, Souvent même, pas besoin des mots, il suffit d’entrer dans un rôle. Louis est tour à tour messager, voyageur, héros tragique… Dès que possible, il se donne le beau rôle ANTOINE. — Lorsqu'on était plus jeunes, [...] on se battait toujours et [...] celui-là [...] se laissait battre, perdait en faisant exprès et se donnait le beau rôle. Partie 2, scène 2, La dernière scène de la pièce, qui vient juste après, permet justement à Antoine de mieux dénoncer les supercheries de Louis. Pour aller plus loin, je vous en propose une explication linéaire dans une vidéo spéciale, sur mon site. Louis le dit lui-même c’est en réalité une manière d’accuser son frère sans avoir besoin d’utiliser la parole. LOUIS. — Il semble vouloir me faire déguerpir, c'est l'image qu'il donne, c'est l'idée que j'emporte. Il ne me retient pas, et sans le lui dire, j'ose l'en accuser. Partie 2, scène 1, Ce que fait Louis, c’est qu’il utilise une expression toute faite, qui vient justement jouer sur les limites du mot agréable » . Et Antoine tombe dans le piège LOUIS. — Cela joint l'utile à l'agréable. ANTOINE. — C'est cela, voilà, exactement, comment est-ce qu'on dit ? d'une pierre deux coups ». Partie 2, scène 2, Dans la bouche d’Antoine, cette pierre évoque bien l’arme d’un crime, ce qui déclenche la réaction de Suzanne SUZANNE — Ce que tu peux être désagréable, [...] tu vois comme tu lui parles, tu es désagréable, ce n'est pas imaginable. Partie 2, scène 2, Les paroles renvoient à des expressions toutes faites, ou à d’autres textes, qui déteignent sur les mots eux-mêmes. Louis ne peut pas se dire étranger » sans faire surgir en nous le Héros tragique de Camus, Meursault, condamné à mort pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère. LOUIS. — Je pense du mal. Je n'aime personne, je ne vous ai jamais aimés, c'était des mensonges, [...] Je décide de tout, la Mort aussi, elle est ma décision Je suis un étranger. Je me protège. Partie 1, scène 10, Ces références à la littérature de l’absurde, à Camus et Beckett, mais aussi à la Bible, à Caïn et Abel, au fils prodigue, tout cet intertexte laisse planer les menaces d’un dieu invisible, silencieux, ou sur le point de mourir. Au-delà des paroles et au-delà des mots, tous les moyens du théâtre sont mis en œuvre, comme si le théâtre lui-même devenait insuffisant pour ces crises, comme s’il était lui-même en crise. Troisième partie La parole théâtrale en crise D’abord, les mots ne cessent de lutter contre eux-mêmes, de se dénoncer eux-mêmes. C’est le cas dans la prétérition par exemple dire une chose en affirmant qu’on ne la dit pas CATHERINE. — Ce n’est pas un reproche, [...] je ne voudrais pas avoir l’air de vous faire un mauvais procès. Partie 1, scène 6, Avec cette prétérition, Catherine tente de désamorcer d’avance l’interprétation qu’on pourrait faire de ses paroles. L’épanorthose représente exactement cette crise de la parole qui se combat elle-même, où chaque mot ajouté tente d’effacer les mots déjà prononcés. On le voit par exemple dans le prologue avec la persistance du verbe annoncer ». LOUIS. — Pour annoncer, dire, seulement dire, ma mort prochaine et irrémédiable, l'annoncer moi-même, en être l'unique messager, Prologue, Ce prologue donne des clés de compréhension de toute la pièce, notamment parce qu’il révèle la dimension symbolique du personnage de Louis. Pour bien en comprendre tous les tenants et aboutissants, je développe cette analyse dans une vidéo d’explication linéaire, spécialement sur le prologue. Et si le théâtre était lui-même un personnage en crise, un personnage sur le point de mourir ? C’est ce que suggère Lagarce lui-même Il s’agit de refuser la convention et de fait, l’utilisation du théâtre comme simple divertissement [...]. Il s’agit [...] que le théâtre aille à sa perte c’est là le seul théâtre possible. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Alors, Louis pourrait représenter symboliquement ce personnage tragique qui nous inspire aujourd’hui un mélange de fascination et de méfiance. C’est la supercherie qu’Antoine tente de démasquer ANTOINE. — Tu es pris à ce rôle — [...] que tu as toujours eu de tricher, de te protéger et de fuir. [...] C'est ta manière à toi, ton allure, le malheur sur le visage. Partie 2, scène 3, Et voilà pourquoi Antoine et Suzanne se méfient des histoires, de ceux qui énoncent bien le personnage de théâtre, par son pouvoir de séduction, par ce jeu qui dépasse les paroles, est un personnage dangereux. ANTOINE. — Je te vois assez bien, tu vas me raconter des histoires. [...] Tu sais bien faire, c'est une méthode, c'est juste une technique pour noyer et tuer les animaux. Partie 1, scène 11, D’une certaine manière, ce sont des avertissements au spectateur lui-même. Ce qui donne du poids aux paroles, au-delà des mots employés et des gestes, c’est la double énonciation, propre au théâtre chaque réplique est aussi, indirectement, adressée au spectateur. ANTOINE. — J’ai fini, je ne dirai plus rien. Seuls les imbéciles, ou ceux-là, saisis par la peur, auraient pu en rire. Partie 2, scène 3, Dans cet exemple, Antoine semble presque faire un signe à la salle en même temps qu’il répond à Louis. Ironiquement, il nous fait remarquer que nous sommes saisis de terreur et de pitié, nous sommes dupes de l’illusion tragique… À d’autres moments, les personnages eux-mêmes renforcent la présence des spectateurs sur scène. Par exemple, dans la scène finale, la Mère, Suzanne et Catherine, sont présentes mais ne disent rien LA MÈRE. — Nous ne bougeons presque plus, nous sommes toutes les trois, comme absentes, on les regarde, on se tait. Partie 2, scène 3, Et la pièce se termine, non pas vraiment par des paroles, mais par l’évocation d’un cri, qui n’a pas été poussé LOUIS. — Ce que je pense [...] c'est que je devrais pousser un grand et beau cri, [...] que c'est ce bonheur-là que je devrais m'offrir, hurler une bonne fois, mais je ne le fais pas, je ne l'ai pas fait. Épilogue, Cet Épilogue éclaire rétrospectivement la pièce, et nous aide à mieux comprendre le personnage de Louis. Je vous en propose une explication linéaire en vidéo, sur mon site. Ce cri qui n’a pas été poussé, nous laisse penser que les crises n’ont pas été résolues Louis va mourir avec son cri sur le cœur, et les autres membres de la famille vont certainement vivre avec cette culpabilité de n’avoir pas su l’écouter. Mais ce cri qui n’a pas été poussé, a bel et bien été entendu par les spectateurs, ce qui laisse penser que peut-être ces crises, grâce au théâtre, auront peut-être été résolues, en dehors du théâtre, quand ça ? Hé bien en ce moment même, lorsque nous débattons du sens de cette pièce, lorsque nous prenons conscience des cris que nous avons besoin de pousser, nous aussi, pour surmonter nos crises. Conclusion Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Ils servent d'excuse à des absences, ils sont remplacés par des gestes ou par une simple intonation. Au théâtre, la parole dépend d’un rôle. Et voilà pourquoi les différentes crises que rencontrent les personnages sont peut-être en définitive une manière d'interroger le théâtre lui-même… Et si l'ancien rôle de la tragédie, qui était de commenter et de juger les affaires de la cité, était utilisé aujourd'hui pour juger le théâtre lui-même, sa capacité à apaiser nos propres crises existentielles, individuelles et collectives ? [...] Soutenez le site et accédez au contenu complet. ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🎞️ Les enjeux de la parole diaporama ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🧠 Dissertation sur les enjeux de la parole ⇨ Lagarce, Juste la fin du Monde 🎧 Les enjeux de la parole dissertation-thématiqueRésuméde Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Prologue Le thème de la pièce est annoncé dès le prologue. Louis, le personnage principal, y annonce sa mort de manière
Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posée par le parcours associé à savoir crise individuelle, crise familiale ». Ci-dessous, le sujet de dissertation entièrement traité. Sujet Peut-on dire que dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce la crise n’advient pas? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur des exemples précis de la pièce. IUne pièce de la crise Une crise personnelle titre ironique. Juste la fin du monde ». Le titre annonce avec une certaine prise de distance que le protagoniste est effet, la situation de Louis est désespérée. Il se sait atteint du SIDA et c’est précisément cette situation qui le pousse à vouloir retrouver les siens qu’il a quittés il y a plus d’une décennie. Une crise familiale AntoineSuzanneLa mère Une crise du langage Violence du langage d’Antoine et de Suzanne trahit une grande souffrance et une certaine difficulté à s’ajuster avec le départ de Louis, plus de 10 ans auparavant. IIUne crise individuelle contenue Les détours du langage Epanorthose Le style des pièces de Lagarce est très singuliers. En effet, les personnages ne cessent de se corriger, de reprendre leurs propres mots et de les répétition les personnages de Lagarce ne cessent de se répéter comme pris dans une boucle, une circularité. Catherine un langage contenu D’abord, Catherine est la seule qui n’a pas connu Louis avant son départ. Elle se montre chaleureuse avec lui et se propose de l’aider à combler les années d’absence. Elle lui apprend notamment qu’Antoine et elle ont eu un fils aîné qui porte le même prénom, Louis, que lui et que son père lorsque Louis tente de l’interroger sur Antoine, celle-ci se refuse à parler en son nom. L’impossibilité de se dire de Louis D’une part, Louis se dit longuement et intimement auprès de ses spectateurs. Ainsi, le prologue et l’épilogue de la pièce consistent en un monologue dans lequel, comme le veut le principe même du monologue théâtral, il partage ses sentiments, ses souvenirs auprès de ses part, Louis ne parvient pas à dire ce pourquoi il était venu retrouver les siens. En effet, les reproches de tous les membres de la famille ne lui laissent guère de place. De plus, nous comprenons que Louis est un personnage qui a du mal à s’exprimer avec les siens, Suzanne lui reproche d’ailleurs les cartes postales elliptiques qu’il leur a adressées pendant des années. IIILa crise du langage comme catalyseur dramaturgique Le langage comme sujet de la pièce Il ne se passe rien dans la pièce de effet, tout l’intérêt repose sur le discours entre les personnages, leur complexité, leur incommunication… Un impossible réconfort ou l’épilogue L’épilogue de la pièce est tout à fait Louis constate, selon une métaphore, qu’il a suivi le chemin le plus efficace, celui de la voie ferrée plutôt qu’un chemin dont les tours et les détours supposaient une perte de temps ce choix de la productivité ne paraît pas concluant. Ce souvenir évoqué par Louis est celui d’un échec du bonheur, du retour en famille, de la création artistique Quelle catharsis? D’abord, Louis est un personnage tragique. Il confie dans le prologue qu’il veut maîtriser cette annonce face à la comme tout héros tragique, il ne peut faire le poids face au destin, à la comme nous l’avons vu dans la partie précédente, tout réconfort semble exclu. La tragédie doit permettre de purifier les passions et cette catharsis est rendue périlleuse par l’absence de tout déblocage de la parole ou la mise en place de toute résolution. JUSTE LA FIN DU MONDE SUJET DE DISSERTATION Nous espérons que Juste la fin du monde dissertation vous a aidé dans votre réflexion. -Juste la fin du monde analyse –Explication linéaire du Prologue de Juste la fin du monde –Biographie et bibliographie de Jean-Luc Lagarce –Explication linéaire du monologue de Suzanne -Explication linéaire de l’épilogue Navigation des articles Pour s'améliorer en françaisJustela fin du Monde & ses oeuvres complémentaires COMMENTAIRES LINÉAIRES Def : Soliloque : discours d'une personne qui se parle à elle-même ou qui pense tout haut Juste la fin du Monde_analyse du prologue, LECTURE_PAGES 22 À 23 Jean Luc Lagarce est l'un des dramaturges contemporains les plus joués en France. À la fois comédien, metteur en scène, MONOLOGUE SUZANNE JUSTE LA FIN DU MONDE. Dans la troisième scène de la première de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce écrite en 1991, Suzanne se livre à un monologue face à son frère Louis. Elle qui est plus jeune que ses frères emploie un discours très spontané. D’ailleurs, ce personnage de Suzanne semble très intéressant dès cette première prise de parole voir l’analyse des personnages. Elle apparaît également comme un personnage marqué à la fois par une crise personnelle et familiale. voir la dissertation sur cette question, ICI. Nous nous proposons d’effectuer l’explication linéaire du début de ce monologue de Suzanne ci-après. Problématique Comment ce monologue singulier trahit-il l’ambivalence des sentiments de Suzanne ? Texte du monologue Suzanne Juste la fin du mondepartie 1 scène 3 SUZANNE. – Lorsque tu es parti– je ne me souviens pas de toi –je ne savais pas que tu partais pour tant de temps‚ je n’ai pas fait attention‚je ne prenais pas garde‚et je me suis retrouvée sans t’oubliai assez petite‚ jeune‚ ce qu’on dit‚ j’étais petite. Ce n’est pas bien que tu sois parti‚parti si longtemps‚ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moiet ce n’est pas bien pour elleelle ne te le dira paset ce n’est pas bien encore‚ d’une certaine manière‚pour eux‚ Antoine et aussi– je ne crois pas que je me trompe –‚mais aussi ce ne doit pas‚ ça n’a pas dû‚ ce ne doit pas être bien pour toi non plus‚pour toi as dû‚ parfois‚même si tu ne l’avoues pas, jamais‚même si tu ne devais jamais l’avouer– et il s’agit bien d’aveu –tu as dû parfois‚ toi aussice que je distoi aussi‚tu as dû parfois avoir besoin de nous et regretter de ne pouvoir nous le dire. Juste la fin du monde, Jean-Luc Lagarce, 1991. première partie, scène 3 Premier mouvement jusqu’à j’étais petite » Suzanne, la plus jeune de la fratrie D’abord, comme souvent chez Lagarce, le spectateur est perdu face à un usage inattendu des temps verbaux. Ainsi, le passé composé de tu es parti », renvoie au passé alors que je ne me souviens pas » renvoie à l’instant présent avec le présent de l’indicatif. Ensuite, Suzanne insiste beaucoup sur le verbe partir » qui met en relief l’importance pour la famille et pour elle-même de ce plus, elle insiste sur le fait qu’elle n’a pas pris garde. Autrement dit elle avait seulement une dizaine d’années à l’époque, elle a donc un souvenir peu clair et elle n’a pas compris à ce moment-là ce qui se jouait dans le noyau peut-être pour culpabiliser Louis, elle emploie une hyperbole je me suis retrouvée sans rien ». Or, elle avait bien sa famille autour d’elle mais ce départ fut une ensuite une évocation de la mémoire perdue, je t’oubliais assez vite » qui semble faire écho à je ne me souviens pas de toi ».Enfin, un parallélisme de construction clôt ce premier mouvement j’étais petite ». Ainsi, sa différence d’âge avec ses frères explique le ressenti singulier qu’elle eut au moment du départ et qu’elle a au moment du retour de Louis. Deuxième mouvement le jugement de ce n’est pas bien » à Catherine ». D’abord, ce mouvement est marqué par un refrain ce n’est pas bien ». Or, cette tournure négative repose sur un jugement de insiste sur le verbe partir » par la répétition. Elle met ainsi en évidence l’importance de son départ et la durée de son Suzanne égraine chaque membre de la famille qui en a souffert, elle la première qui ose exprimer ses reproches directement à Louis alors qu’il reste elle », qui désigne la Mère. Par opposition, celle-ci ne verbalisera pas ses reproches vis-à-vis de son le pronom eux » désigne Antoine et sa femme ce second mouvement est constitué des griefs de Suzanne à l’encontre de son frère son départ à cette époque là et la durée de son absence. Troisième mouvement la compassion de Suzanne de mais » à la fin D’abord, l’emploi de la conjonction de coordination mais » montre un renversement. Après l’avoir accablé de reproches et lui avoir montré sa destruction du noyau familial, Suzanne se montre compréhensive vis-à-vis de l’épanorthose ce ne doit pas, ça n’a pas dû, ce ne doit pas être bien pour toi »montre que Suzanne se reprend et modifie les temps verbaux comme pour montrer que cette difficulté, fut et demeure difficile également pour outre, il faut noter la récurrence des tournures négatives. Ce départ est donc marqué par la négation du bien être individuel et collectif des membres de cette même, le parallélisme de construction même si tu ne l’avoues pas, jamais/ même si tu ne devais jamais l’avouer » met en évidence la difficulté de Louis à parler. Toutefois, cette répétition du verbe avouer » est également reprise sous la forme nominale avec le terme aveu ». Suzanne laisse à penser que Louis est connu pour ne pas reconnaître ses la formule tu as dû parfois toi aussi » met en évidence cette hypothèse que Louis aussi a souffert de cette distance avec sa Suzanne termine une fois encore par la modalité tu as dû parfois », mettant en évidence l’isolement et la solitude dans laquelle il a pu se trouver parce qu’il était loin des siens. Conclusion de l’explication linéaire du monologue de Suzanne Finalement, Suzanne était jeune lorsque Louis a quitté la famille. Si elle est enthousiasmée par son retour, elle se montre très critique à son égard et lui fait d’abord des reproches. Puis, elle se montre plus compatissante et admet qu’il a dû souffrir de la situation. Nous espérons que ce commentaire linéaire a pu t’aider dans ton travail. N’hésite pas à poster des questions ou remarques dans les commentaires, juste en dessous. D’autres fiches peuvent compléter ton travail et t’intéresser –Analyse de Juste la fin du monde –Dissertation Juste la fin du monde et la crise –Explication linéaire du prologue de Juste la fin du monde -Explication linéaire de l’épilogue de Juste la fin du monde –Biographie de Jean-Luc Lagarce Navigation des articles 1805/22 Français Juste fin monde JEAN-LUC LAGARCE Fiche d'identité TITRE: Juste la fin du monde AUTEUR: Jean-Luc Lagarce DATE: 1990 MOUVEMENT LITTERAIRE: aucun mais influence de l'absurde GENRE LITTÉRAIRE, theatre PARCOUS ASSOCIE: Grise personnelle, crise familiale. Résumé PERSONNAGES: Louis (34 ans), protagoniste / Antoine (32 ans), Commentaire linéaire Partie 1 scène 1 de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Introduction Dans Le Pays Lointain, la dernière pièce que Jean-Luc Lagarce écrit avant sa mort, on retrouve le personnage de Louis, cette fois entouré par des figures du passé, comme l'ami de longue date… LONGUE DATE. — Revenir après tant d'années, retrouver ceux-là qui firent ta vie, qui furent ta vie et espérer reprendre la conversation là où tu l'avais abandonnée — où est-ce que nous en étions, déjà — ce ne sera guère possible. Tu le sais. Et comme le dit ce personnage, comment Louis pourrait-il reprendre une conversation normale avec les siens, après une si longue absence ? Or, c'est précisément là que commence notre pièce, Juste la fin du monde, et c'est tout l'enjeu de notre passage. Cette scène d'exposition est d’abord un mélange de présentations et de retrouvailles, notamment parce que Louis n'a jamais rencontré Catherine, sa belle-sœur. Mais ce sont aussi des présentations pour le public, qui devine dans ces conventions, des liens distendus par le poids de l'absence et des non-dits. Dans ces retrouvailles, tout est sensible, sujet à interprétation, les gestes sont des messages, et inversement, les mots peuvent blesser. Louis pourra-t-il annoncer ce qui l'amène ? Des indices semblent dire qu'il est probablement déjà trop tard... Comment cette scène d'exposition nous montre-t-elle que les liens entre les personnages sont peut-être déjà irrémédiablement affectés par le poids de l'absence ? Je vais annoncer les mouvements au fur et à mesure de l'analyse, et citer le texte très clairement, pour que vous puissiez bien suivre. Pour retrouver tous mes documents et toutes mes vidéos sur cette œuvre, rendez-vous sur mon site www . mediaclasse . fr Premier mouvement v. 1 à 17 Le temps des présentations Ce premier mouvement, on pourrait l'appeler le temps des présentations » parce qu'on entre dans la pièce, non pas in medias res au milieu de l'action mais logiquement par des présentations qui nous informent sur ces personnages qui se rencontrent ou qui se retrouvent, comme un nouveau départ SUZANNE. — C’est Catherine. Elle est Catherine. Catherine, c’est Louis. Voilà Louis. Catherine. Et pourtant l'importance que prennent ces présentations révèle bien déjà le poids du passé Catherine représente l'élément nouveau dans la famille… Va-t-elle modifier les équilibres ? On peut en douter quand on voit le chiasme la structure en miroir qui représente plutôt une boucle ou un piège, c'est mauvais signe… Catherine », le nom propre, sera aussi le dernier mot de la première partie, comme si tout l'enjeu de la première moitié de la pièce, c'était justement d'éliminer cet espoir qu'une nouvelle personne puisse modifier les équilibres du passé. CATHERINE. — Moi, je ne compte pas et je ne rapporterai rien, je suis ainsi [...] ce n’est pas mon rôle. Mais pour l'instant, tous les espoirs sont permis, ce qui explique l'excitation de Suzanne ses vers sont très courts, ils reviennent sans cesse à la ligne. Chez Lagarce, les vers libres remplacent avantageusement les didascalies… Symboliquement, c'est l'excitation des retrouvailles, et donc, le poids de l'absence passée, qui découpe ces vers et guide le ton de Suzanne, aussi sûrement qu'un metteur en scène. Antoine commente d'ailleurs tout de suite l'agitation de sa petite sœur ANTOINE. — Suzanne, s’il te plaît, tu le laisses avancer, laisse- le avancer. CATHERINE. — Elle est contente. ANTOINE. — On dirait un épagneul. On comprend que Louis ne peut pas avancer vers Catherine parce qu'il est bloqué par Suzanne qui se trouve entre les deux. Symboliquement, il est bloqué par le passé, il ne peut pas avancer, c'est-à-dire, aller vers une résolution de l'intrigue. Souvent dans le théâtre de l'absurde, on retrouve ce détournement du schéma narratif est-ce qu'on est au début, au moment où l'intrigue se noue, ou bien est-ce qu'on est déjà après la fin ? L'expression d'Antoine est amusante et révélatrice On dirait un épagneul ». L'épagneul, c'est un chien de chasse est-ce qu'il saute autour d'une proie qu'il a trouvée, ou bien, est-ce qu'il fait la fête à son maître ? Cela révèle bien l'ambivalence de Louis. Et indirectement pour nous, le public, c'est aussi révélateur du personnage d'Antoine, qui compare sa sœur à un petit chien il n'est pas très aimable, il n'hésite pas à utiliser l'impératif. On devine que contrairement aux autres, il ne se plie pas si facilement aux conventions de politesse. C'est alors la mère qui prend la parole, mais de manière paradoxale, écoutez LA MÈRE. — Ne me dis pas ça, ce que je viens d’entendre, c’est vrai, j’oubliais, ne me dites pas ça, ils ne se connaissent pas. Louis, tu ne connais pas Catherine ? Tu ne dis pas ça, vous ne vous connaissez pas, jamais rencontrés, jamais ? ANTOINE. — Comment veux-tu ? Tu le sais très bien. LOUIS. — Je suis très content. CATHERINE. — Oui, moi aussi, bien sûr, moi aussi. Catherine. Quand on sait ce que Louis veut annoncer, cette intervention Ne me dis pas ça » avec l'impératif et la négation, semble déjà annoncer l'échec final. Dans une tragédie, on dirait que c'est un effet d'ironie tragique, une allusion au destin que les personnages eux-mêmes ignorent... La réplique de la mère est d'autant plus étrange qu'elle ne répond pas du tout à Antoine ça, ce que je viens d'entendre » renvoie en fait à un sous-entendu qui n'est formulé qu'après ils ne se connaissent pas ». C'est une cataphore le pronom renvoie à un élément qui ne vient que plus tard… On est au plus proche du non-dit, le reproche adressé à celui qui est parti. La forme interrogative aussi donne du poids à cette réplique Louis, tu ne connais pas Catherine ? Tu ne dis pas ça, vous ne vous connaissez pas, jamais rencontrés, jamais ? » c'est une question rhétorique, dont la réponse est implicite non, ils ne se connaissent pas. Elle n'est pas prononcée, mais elle résonne dans l'esprit de tout le monde. Ce reproche caché est d'ailleurs toujours présent dans la réplique d'Antoine, mais sous la forme d'un pronom Tu le sais très bien » qu'on pourrait restituer comme ça tu sais très bien que Louis a été absent pendant toutes ces années ». Il insiste d'ailleurs sur ce non-dit avec l'adverbe intensif très ». Dernière chose frappante dans ce passage tout le monde intervient, Suzanne, Catherine, Antoine, la Mère. Mais Louis ne prend la parole qu'en dernier, avec une réplique courte, très conventionnelle LOUIS. — Je suis très content. CATHERINE. — Oui, moi aussi, bien sûr, moi aussi. mouvement v. 18 à 31 Le sens caché des convenances Ce mouvement, on pourrait l'appeler le sens caché des convenances » parce que Suzanne commente le cérémonial qui se déroule sous nos yeux…Un peu comme une spectatrice qui serait montée sur scène pour jouer les metteuse en scène et corriger les actions des personnages. SUZANNE. — Tu lui serres la main ? LOUIS. — Louis. Suzanne l’a dit, elle vient de le dire. SUZANNE. — Tu lui serres la main, il lui serre la main. Tu ne vas tout de même pas lui serrer la main ? Ils ne vont pas se serrer la main, on dirait des étrangers. Il ne change pas, je le voyais tout à fait ainsi, tu ne changes pas, il ne change pas, comme ça que je l’imagine, il ne change pas, Louis, et avec elle, Catherine, elle, tu te trouveras, vous vous trouverez sans problème, elle est la même, vous allez vous trouver. Ne lui serre pas la main, embrasse-la. Catherine. C'est là qu'on voit à quel point les actes ont une valeur de message. Tu lui serres la main … il lui serre la main … ils ne vont pas se serrer la main … ne lui serre pas la main »… le verbe serrer la main » est ainsi répété 5 fois. C’est si important aux yeux de Suzanne, parce que, par ce geste conventionnel, Louis confirme ce que dit la mère il leur est devenu plus étranger même que Catherine qui fait maintenant partie de la famille. Avec la question rhétorique, les négations, l'impératif, Suzanne reprend et amplifie les éléments de discours de sa mère cette surprise très théâtrale, pratiquement surjouée par deux personnages révèle bien que quelque chose d'anormal se trame sous la simple conversation. C'est d'ailleurs un procédé courant chez Molière, notamment dans les scènes d'exposition la surprise permet de dénoncer un comportement excessif. Et si c'était ici le retour du Misanthrope ? qui s'était jadis isolé du monde ? Si on en revient à Louis, il se présente de manière très conventionnelle. Avec le prénom isolé sur une seule ligne, il ne révèle rien de lui-même, il ne réagit pas au discours de sa mère, il se contente de répéter comme un écho ce que vient de dire sa sœur. LOUIS. — Louis. Suzanne l’a dit, elle vient de le dire. Louis », c'est en plus un homophone avec le sens de l'ouïe ils se prononcent pareil. C'est certainement révélateur peut-être que ce personnage est fait, non pas pour parler, mais pour écouter. Il porterait dans son prénom la fatalité de son silence. La distance de Louis avec les autres membres de la famille est palpable, notamment dans l'utilisation des pronoms le il » laisse place au tu » qui redevient aussitôt un il ». Il ne change pas, je le voyais tout à fait ainsi, tu ne changes pas, il ne change pas, comme ça que je l’imagine, il ne change pas, Louis, C’est la fameuse figure de l’épanorthose, très présente chez Lagarce les personnages reformulent sans cesse leurs propos. On dirait même que dans la dernière phrase, Louis est devenu lui » il ne change pas, lui » comme une troisième personne incarnée, distante, à laquelle on ne s'adresse pas directement. Les temps employés vont dans le même sens d'abord l'imparfait, pour des habitudes du passé je le voyais ainsi » L'absence s'est inscrite dans la durée… Au contraire, le verbe imaginer » au présent d'énonciation comme ça que je l'imagine » semble dire que, au moment où elle parle, il est absent, ou du moins, inconnaissable. Et enfin, peut-être le plus cruel de tous, le présent de vérité générale pour une action vraie en tout temps qui prédit le silence final il ne change pas, Louis ». Reste Catherine, mais déjà un indice nous laisse un doute et avec elle, Catherine, elle, tu te trouveras, vous vous trouverez sans problème, elle est la même, vous allez vous trouver. Elle est la même » est-ce que ça ne veut pas dire qu'elle a les mêmes difficultés à communiquer que Louis ? On devine déjà qu'elle n'est pas la mieux placée pour rétablir les liens qui ont été rompus dans le passé. Troisième mouvement v. 32 à 43 Des liens irréparables ? Ce troisième mouvement, on pourrait l'appeler des liens irréparables » parce que tout vient confirmer la distance qui sépare chacun des personnages. Antoine le dit tout de suite Suzanne, ils se voient pour la première fois » ce qui déclenche des réactions en chaîne, écoutez ANTOINE. — Suzanne, ils se voient pour la première fois ! LOUIS. — Je vous embrasse, elle a raison, pardon, je suis très heureux, vous permettez ? SUZANNE. — Tu vois ce que je disais, il faut leur dire. LA MÈRE. — En même temps, qui est-ce qui m’a mis une idée pareille en tête, dans la tête ? Je le savais. Mais je suis ainsi, jamais je n’aurais pu imaginer qu’ils ne se connaissent, que vous ne vous connaissiez pas, que la femme de mon autre fils ne connaisse pas mon fils, cela, je ne l’aurais pas imaginé, cru pensable. Vous vivez d’une drôle de manière. Qui adresse la parole à qui dans notre passage ? Antoine répond à sa femme — Elle est contente. — On dirait un épagneul ». Il s'adresse aussi plusieurs fois à sa sœur Suzanne, s’il te plaît … Suzanne, ils se voient pour la première fois ! ». Et il s'adresse aussi à sa mère tu le sais très bien ». Mais ce qui est frappant, c’est qu’il n'y a aucun échange entre les deux frères. Mais même le lien entre les autres personnages est remis en question d’une manière ou d’une autre. Suzanne veut étrangement donner à voir à Antoine, ce qu’elle dit tu vois ce que je disais » comme si sa parole était invisible, enfermée depuis longtemps dans son rôle de quantité négligeable. D’ailleurs la mère n’est certainement pas étrangère à cela. je suis ainsi … je n’aurais pu imaginer » elle se voit comme quelqu’un qui ne peut pas concevoir ce qui sort de sa normalité. Pour elle, il y a son fils Louis et son autre fils » Antoine. On devine déjà ce qu’on constatera plus tard, sa tendance à mettre des étiquettes définitives sur chacun Antoine brutal, Suzanne négligeable, Louis fait ce qu'il a à faire, etc. Or justement Suzanne essaye de jouer les metteuses en scène pour que tout se déroule selon une certaine image de la normalité… Mais alors, toute la situation devient artificielle les liens qui devraient exister ne sont plus que des liens joués. LOUIS. — Je vous embrasse, elle a raison, pardon, je suis très heureux, vous permettez ? On reconnaît la figure de l’épanorthose, mais cette fois-ci, dans les gestes le geste de serrer la main est remplacé par l’embrassade. Mais on ne peut pas totalement gommer le geste spontané, quoi qu’on fasse, il laisse une trace. Voire même, il devient le message le plus important, qui prend le pas sur tous les autres ! Et en effet le verbe connaître » est repris trois fois à la forme négative, dans une longue épanorthose jamais je n’aurais pu imaginer qu’ils ne se connaissent, que vous ne vous connaissiez pas, que la femme de mon autre fils ne connaisse pas mon fils, cela, je ne l’aurais pas imaginé, cru pensable. Vous vivez d’une drôle de manière. Le fait que Louis soit en quelque sorte considéré comme un étranger, est ensuite repris coup sur coup par des pronoms cela, je ne l'aurais pas imaginé ». Un peu comme si elle retournait le couteau dans la plaie. C’est l’idée qu’elle a en tête, dans la tête » et que Lagarce a mis symboliquement en-tête de sa pièce, au cœur de ce premier échange entre les personnages. Par ses paroles, la mère fait aussi le geste de s’isoler symboliquement des autres, avec ce vous » vous vivez d'une drôle de manière » qui englobe tous les autres. Elle ne fait pas de reproche à Louis en particulier, mais à tous, en même temps. Alors qu'au début, on ne voit que la distance entre Catherine et Louis, on réalise au fur et à mesure que ce sont tous des étrangers les uns pour les autres… La dernière phrase du passage est à mon avis la plus cruelle vous vivez d’une drôle de manière ». L’adjectif Drôle » renvoie naturellement à la comédie et au comique, mais il est utilisé ici de manière grinçante, ironique il laisse entendre l’inverse de ce qu’il dit. L’action de vivre est lui-même remise en cause, un peu comme si l’absence de Louis, et le péril des liens familiaux les avait tous déjà fait entrer dans une mort symbolique. Conclusion Merci à Nicolas Auffray dont les analyses ont contribué à cette explication linéaire. Dans cette première scène, les présentations font aussi office d’exposition le spectateur en apprend plus sur les personnages et sur l’intrigue. Mais tout passe sous le discours, dans les gestes, les sous-entendus, les réactions surjouées et les effets d’ironie. Dès le début de la pièce, Lagarce nous fait ressentir le poids du passé et des non-dits, et nous laisse même déjà entendre que peut-être, le silence final est inéluctable. Ces gestes imperceptibles, ces signes presque subliminaux qui révèlent les failles de la communication, on pourrait les rapprocher de ce que Nathalie Sarraute appelle les tropismes, et qu’elle met notamment en scène notamment dans sa pièce Pour un oui pour un non… — Des mots ? Entre nous ? Ne me dis pas qu’on a eu des mots… ce n’est pas possible… et je m’en serais souvenu… — Non, pas des mots comme ça… d’autres mots… pas ceux dont on dit qu’on les a eus»… Des mots qu’on n’a pas eus», justement… Nathalie Sarraute, Pour un oui pour un non, 1981.[...] Soutenez le site et accédez au contenu complet. ⇨ Outil support pour réaliser un commentaire composé. ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🃏 Partie 1 scène 1 axes de lecture ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde - Partie 1 scène 1 texte ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🔎 Partie 1 scène 1 explication linéaire au format PDF ⇨ Lagarce, Juste la Fin du Monde 🎧 Partie 1 scène 1 Explication linéaire en podcast
Anoter : les 5 oeuvres de l'ancien programme seront supprimées fin août 2022 : Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves; Sarraute, Enfance; Stendhal, Le Rouge et le Noir; Verne, Voyage au centre de la Terre; Yourcenar, Mémoires d’Hadrien; Continuer. Menu. Abbé Prévost, Manon Lescaut. Plan d'ensemble des ressources ; Exploitation de l'œuvre intégrale; Parcours